Vous avez peut-être vu la séquence dans laquelle les parents d'une jeune femme disparue reçoivent - samedi matin, vers 10 heures - le coup de téléphone des enquêteurs de la police judiciaire qui leur fixent rendez-vous, trois quart d'heures plus tard, au commissariat.
Ces gens savent, depuis jeudi, je crois, qu'un corps a été retrouvé dans le Rhin.
Ils comprennent donc que cette convocation téléphonique de la police a pour objet de leur apprendre que ce corps est bien celui de leur fille.
Une (?) caméra de TF1 (celle de l'équipe de "10 heures Le Mag"), est présente dans leur cuisine, elle filme puis, surtout, elle nous montre impose cette "scène". Une ob-scène© !
Le père en ligne sur son téléphone portable. Le père qui raccroche. Un gros plan de la mère. Puis le père qui s'effondre en pleurant. Et sa femme qui le prend dans ses bras.
La séquence n'est pas longue mais cette intrusion dans leur souffrance est - pour moi - le pire de ce que peut montrer la télévision.
C'est un viol de l'intimité de personnes en pleine détresse.
Je ne vois absolument pas quelle(s) information(s), elle apporte aux téléspectateurs.
Si ce n'est qu'une équipe de TF1 campait dans la cuisine de ce couple.
Ces images ont pourtant été diffusées, hier, dans le journal télévisé de 13 heures (en off, sans le son, sauf erreur de ma part).
Puis rediffusées, dans celui de 20 heures (et cette fois avec le son...).
Une première fois, c'est une faute.
Une deuxième fois, c'est une obscénité.
J'ajoute - cela va de soi, mais ça va mieux en le disant - que, selon moi, Le Post n'aurait pas dû les reprendre et les diffuser en "une".
Uliana Lopatkina, La mort du cygne.