"FORCER LES CITOYENS A ËTRE LIBRES"

Le grand débat sur l’identité nationale, promis par le candidat Sarkozy et institué par Eric Besson connaît un succès retentissant auprès des citoyens Français. La consultation fréquente des contributions déposées par d’innombrables compatriotes donnent la preuve irréfutable de la nécessité et de la justesse de cette consultation. Le contenu des témoignages est également un immense facteur de satisfaction et même de fierté tellement les Français, s’emparent de ce débat avec force, avec cœur, avec passion, au-delà des clivages politiques, ethniques ou générationnels.
Mais pour que cette mobilisation populaire soit si vaste et si vive, on peut se demander : Comment le brouillage de nos repères communs a-t-il pu s’opérer?
L’une des raisons, la plus évidente à mon sens, est le sentiment croissant chez les citoyens de leur impuissance à prendre part à l’histoire nationale. Ce sentiment vient d’être porté à son paroxysme par le caractère imprévisible, illisible et inéluctable de la première crise financière et économique vécue en « temps réel ». Le déplacement des priorités de l’opinion vers l’économie et la substitution, faute de mieux, des demandes « sociétales » aux revendications sociales détachent les aspirations du collectif pour les concentrer sur des priorités individuelles.
La fragilité du socle de notre unité nationale est d’autant plus préoccupante que cette crise justifie toutes les transgressions. La nation semble aujourd’hui fracturée en groupes d’intérêts divergents, et ne peut plus dès lors faire valoir sa solidarité, réduisant à néant le sentiment de chaque Français d’être à la fois un individu et une partie prenante de l’écriture du roman national. Ce processus constitue à terme une menace pour la démocratie qui exige la participation et l’engagement de tous les citoyens. Il justifie la distance prise par l’opinion publique à l’égard du débat politique.
La démocratie représentative est un levier majeur de l’identité nationale et doit signifier représentation et non délégation. L’identité électorale est un déterminant majeur de l’identité nationale. Les élus doivent à ce titre représenter l'ensemble de la société française, seul moyen de maintenir une réelle démocratie.
Le suffrage direct et universel est le fondement de notre démocratie. Il est l’une des conquêtes majeures de la République. Il est aussi un outil de l’identité nationale en ce qu’il confère à nos représentants politiques, quel que soit l’échelon où s’exercent leurs responsabilités, la charge d’incarner l’identité nationale. Mais si l’inscription sur les listes électorales est obligatoire, le vote aux élections ne l’est pas. Or depuis les années 1970, malgré les appels répétés à la conscience civique, l’abstention est à la hausse. La forte mobilisation constatée lors de l’élection présidentielle en 2007 pouvait laisser penser que ce processus était enrayé . Mais, les élections municipales ou cantonales qui ont suivi ont souvent atteint des taux record d’abstention. Certains pays ont fait le choix du vote obligatoire (Belgique, Grèce, Luxembourg, Australie…). La participation y dépasse généralement les 80 % et avoisine fréquemment les 90 %. Même si elle ne résulte pas d’un engagement spontané des électeurs, cette situation a pour effets de rendre plus claire l’expression de la volonté collective et de renforcer la légitimité des élus et la représentativité des institutions. Hors en France, les symptômes sont criants : importance de l'abstention, progression des votes blancs et nuls, succès des candidats « populistes » et des programmes protestataires, défiance à l'égard des hommes politiques, volatilité et imprévisibilité de plus en plus grandes des votes. Notre démocratie tour à tour « inachevée », « imparfaite », « en crise » s'analyse aujourd'hui à travers ses déficits et ses lacunes. Des mesures simples semblent pourtant pouvoir faciliter la participation électorale :
- Inscription d’office des jeunes électeurs dès leur majorité,
- Simplification du vote par correspondance et/ou du vote par procuration,
- Vote à domicile,
- Élargissement des plages horaires,
- Campagnes d'incitation civique…
À ces modifications de l'administration électorale, s'ajoutent des projets visant à comptabiliser les bulletins blancs, et devant permettre d’analyser et de réfléchir à la pertinence et à la portée du vote obligatoire. Celui-ci n'a jamais en France fait l'objet d'une véritable attention publique, juridique et politique.
Curieusement, l'histoire de la construction intellectuelle et pratique du suffrage universel semble avoir fait l'économie d'un débat significatif sur l'opportunité ou non de lier l'expérience de la démocratie représentative et la constitution d'un délit d'abstention. La question de l'obligation juridique de voter n'a été que très rarement posée, et lorsqu'elle le fut, elle s'attira un consensus assez large de réponses indignées au nom du respect de la liberté et de la responsabilité de l'électeur.
J’estime que le réveil de notre identité nationale est étroitement lié au devenir de notre démocratie représentative. En ce sens, la reconsidération de nos pratiques électorales a toute sa place dans cette grande réflexion sociétale qu’est le débat sur l’identité nationale. Depuis le début de la décennie, cinq propositions de loi instituant le vote obligatoire ont été déposées. Elles émanent de parlementaires appartenant aux différentes familles politiques. Il s’agit donc d’un sujet qui échappe au traditionnel clivage entre la gauche et la droite et qui peut faire l’objet d’un large consensus dans l’opinion publique.
Pour réconcilier notre République avec l’esprit de ses origines, il ne saurait suffire de remettre en question notre identité nationale sans la décliner dans la réalité de nos pratiques démocratiques. Durcir, les conditions d’application de la participation citoyenne, c’est, selon le « Contrat social » de Rousseau "forcer les citoyens à être libres".
Caroline Morard
http://www.facebook.com/pages/CAROLINE-MORARD/99050357119
La France peut être comparée à un Arbre avec ses racines (donc son histoire),un Arbre qui a donné ses branches (donc tous les immigrés de tous les horizons),ces branches ont donné des feuilles (donc des naissances), Ses feuilles qui un jour pourront vivre en paix,si elles le désirent vraiment.Chaque feuille doit se respecter,pour être respecter.Etre français,c'est avant tout, remercier notre mère à tous qui est LA FRANCE, celle qui nous nourrit,celle qui nous abrite,celle qui nous fait vivre.C'est ce la L'IDENTITE NATIONALE.
Est-ce "liberté" que de devoir voter quand on refuse la règle de la "pseudo démocratie" (anarchiste ou monarchiste, par exemple), quand on refuse de participer au débat d'un pays auquel on n'accorde aucune légitimité (régionaliste indépendantiste)?
Ainsi que le rappelle @éolas, nous n'avons pas tous demandé à être Français... mais nous n'avons pas le droit, la liberté d'être "apatride" en France.
Personnellement, j'attends avec impatience le jour où je pourrai disposer d'un autre passeport que celui d'un pays dont je ne partage plus toutes les "valeurs" (si on peut encore les appeler ainsi?).
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