Mur(mures d'identité(s)
Par Julien LANDEL
Conseiller du IVème arrondissement de Paris
« Je me sens française mais rien autour de moi n’est là pour me le prouver ». Pour cette élève de quinze ans, le problème vient de l’exclusion systématique et en premier lieu urbanistique d’une grande partie de la population française. Débattre de l’identité nationale. Chercher à redonner une définition, nécessairement plurielle à l’expression « citoyen français » : M. Besson ne peut ignorer que l’école de la République et ses programmes discutables d’éducation civique a déjà pris depuis longtemps la pleine mesure de ces questions. En a t’elle trouvé la solution ? Je ne pense pas. Parce que la solution est ailleurs. Dans une politique sociale différente. Devant une classe de collégiens ghettoïsés du Val‐de‐Marne, nous ne pouvons que constater les dommages d’une vision archaïque de l’identité nationale. Le fait d’avoir ou non des papiers n’y change rien. Vivre entre quatre tours, être tributaire de transports en commun éloignés et déshumanisant, être confronté à deux mondes trop différents entre la classe et les blocs, sentir le racisme monter de toutes part de jour en jour, ne pas réussir à satisfaire des espoirs mal formulés de promotion sociale par des parents laissés à l’abandon dans la transmission d’une histoire familiale trop douloureuse : la question de l’identité passe avant tout par la destruction de nos ghettos de banlieue ! Le professeur d’Histoire géographie du XXIème siècle que je suis ne peut ignorer que la faillite de nos beaux idéaux républicains n’est pas une fatalité mais découle d’une exclusion sociale trop marquée. J’attends d’un ministre anciennement pseudo socialiste qui lance de telles questions que le débat porte sur une nouvelle politique urbaine, une politique éducative plus audacieuse, ouverte sur les familles, les parcours individuels et collectifs. Non, rien ne changera tant que l’on fera croire à nos jeunes qu’ils sont Français alors que la réussite sociale véhiculée par les médias leur donne comme valeurs la recherche de l’argent, la célébrité facile, l’importance des apparences et la négation des différences. Français pour moi, ils le sont tous lorsqu’ils sont derrière leurs petits bureaux à nous regarder comme des êtres un peu curieux. Mais le sont ils vraiment, sortis de nos murs ? Le sont ils vraiment lorsqu’ils subissent la violence d’une stigmatisation sociale quotidienne. Etre citoyen français, être citoyen européen, bien. Mais devenir un être humain respecté, valorisé, écouté: une évidence qui malheureusement ne se vérifie pas sur le terrain. A l’heure de la préparation des futurs programmes régionaux, je demande à nos responsables politiques de chercher véritablement comment en finir avec l’exclusion urbaine. Les Banlieues dont on parle toujours sans savoir vraiment ce qu’elles sont, débordent de citoyens en devenir soucieux de trouver leur place, de construire leur vie et de rendre fiers leurs parents. Mais les murs sont encore trop épais et bien trop haut. Avant de parler d’identité, recherchons et pratiquons vraiment l’égalité et surtout la….FRATERNITE !
Par Julien LANDEL Conseiller du IVème arrondissement de Paris « Je me sens française mais rien autour de moi n’est là pour me le prouver ». Pour cette......















































