Comme prévu, rien de mieux pour affronter une grosse zone de turbulences que de lancer un leurre.
Rien de mieux pour éteindre les incendies qui se multiplient que d'allumer un bon gros joli contre-feu. Histoire que l'écran de fumée soit tel que plus personne ne parvienne à discerner autre chose...
Alors, attendez-vous à savoir que le débat à propos de l'identité nationale vous passionne !
Ce matin, c'est Aujourd'hui/Le Parisien qui s'y colle en mêlant habilement dans la "titraille" IDENTITÉ NATIONALE et RÉPUBLIQUE...

Pour démontrer que le sujet mobilise tout le pays, bien évidemment, quoi de mieux que de publier un sondage sur "Les Français et le thème de l'identité nationale" ?
L'institut CSA a donc fait le sale boulot.
Eh bien - oh surprise ! - figurez-vous que, selon ce sondage, 60% des personnes interrogées pensent que "c'est une bonne chose" que l'identité nationale devienne un thème de débat dans la société française.
Quels sont, alors, les éléments importants qui constituent l'identité de la France ? A cette deuxième question - il est vrai passionnante - les sondés placent en tête (80%) la langue française. Viennent ensuite la République (64%), le drapeau tricolore (63%), la laïcité (61%), les services publics (60%), la "Marseillaise" (50%) et l'accueil d'immigrés (31%).
On appréciera ces quelques lignes de la journaliste Béatrice Houchard qui commente ici l'enquête : "Le débat, relancé par Eric Besson, qui est à la tête du fameux ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale créé par Nicolas Sarkozy, est donc bien accueilli par 60 % des Français. A gauche comme à droite, on le trouve utile. Selon le voeu de Besson, des débats auront donc lieu un peu partout sur le sujet à partir du 2 janvier".
CQFD !
Mais un sondage ne suffit pas.
Je m'en voudrais de ne pas évoquer la "contribution" bien malheureuse de Ségolène Royal au "débat"...
Interviewée dans le même Parisien - clic clic clic - l'ex-candidate a choisi de très largement "remettre le couvert" sur le sujet.
Comme elle le fit, d'ailleurs - rappelle-t-elle, elle même -, durant la campagne de 2006/2007 : "C’est un débat dont j’ai repris l’initiative en 2006, comme le prouvent les textes de mes discours qu’on peut lire sur le site Désirs d’avenir. Je n’ai donc pas attendu aujourd’hui pour donner ma vision de cette question centrale".
Un débat dont elle a "repris l'initiative" à l'époque... Avec l'immense réussite et le succès que nous connaissons tous !
Si ce n'était pas pathétique, il serait presque amusant de voir Ségolène Royal courir, déjà, derrière son ex-camarade Éric Besson...
Tout en affirmant, au demeurant, avoir bien compris qu'il s'agit là d'une sinistre manœuvre : "Le moment choisi par la droite pour lancer ce débat montre que c’est une opération de diversion pour sortir d’une mauvaise passe, alors que les élections régionales se profilent. C’est aussi une tentative de récupérer un certain électorat. Ce qui est condamnable, c’est le moment et la façon dont le débat est lancé. En revanche, la gauche ne doit pas rejeter ce débat, et encore moins le craindre".
Eh bien madame Royal, si je peux me permettre...
N'en parlez pas, bon sang, si c'est une "diversion" !!!
Et ne répondez pas à six questions - oui six - sur le sujet !
Ce splendide numéro dominical du Parisien n'est qu'une étape.
Les services d'Éric Besson ont visiblement décidé de mettre le paquet et d'utiliser tous les moyens de la communication pour imposer la question de l'identité nationale dans le débat politique.
Voici donc une vidéo que je viens de voir tomber sur Youtube.
Une sorte de mauvais micro-trottoir - siglé "Grand débat identité nationale" sur une chaîne "ministère de l'immigration" -, qui semble bien annoncer une opération de propagande de grande ampleur ...
(Merci à Barbecane pour la sauvegarde vidéo)
Ça se voit beaucoup là, non?