(mal) être jeune
De tous temps les nouvelles générations ont voulu se démarquer de leurs aînés, montrer qu'ils pouvaient être meilleurs, aller plus loin. D'un autre côté, les études anthropologiques montrent l'intérêt pour la jeunesse de se montrer digne de la transmission morale et économique qu'elle reçoit de ses parent. C'est de cette façon que tout un chacun se construit : acceptation d'une filiation / souhait de la surpasser. C'est un équilibre qui me paraît inhérent à la maturité. C'est aussi un moment, le temps de l'adolescence. Le temps où l’on comprend que nos parents ne sont pas des dieux vivants mais où l'on accepte progressivement l'idée qu'ils ne sont rien de moins que des humains. Et c'est la compréhension de cette humanité qui fait que nous pouvons espérer "faire mieux". Pour certains ce sera dans la quantité, pour d'autres dans la qualité. Chacun construit ensuite sa vie d'adulte.
Mais c'est là qu'intervient le hic social. Le mal-être de la jeunesse provient de l'incapacité actuelle de notre société à faire rêver. Qui aujourd'hui peut croire faire mieux que ses parents? Toutes les classes sociales sont touchées. La lutte des classes n'est même plus d'actualité tant chacune est profondément meurtrie dans ses socles de valeurs et de croyance en l'avenir. Les classes populaires sont de plus en plus reléguées dans des conditions d’échec social notamment grâce aux écoles de la république qui sont pour beaucoup sectarisées (sectorisme sectaire). Les « moyens » ne vivent qu’avec ce qu’ils gagnent et restent les seuls à assurer la solidarité nationale (puisque les plus aisés en sont depuis quelque temps dispensés…). Les riches ne font même plus rêver tant leur fortune devient inaccessible. La juste peur de la déclassification sociale paralyse la société tout entière. La fin de l’idée d’ascension sociale tue la lutte des classes, tue le rêve de faire mieux, de se mouvoir dans une société dynamique.
Etre jeune c’est s’ouvrir au monde, en comprendre progressivement les mécanismes, s’y fondre ou bien lutter contre, tout dépend. C’est pouvoir se construire sereinement avec de l’espoir en l’avenir. Mais les dernières générations n’ont pas ces possibilités de rêver. Personne ne veut s’y fondre. Peu trouvent le courage de lutter contre. Beaucoup s’en détachent, ont une haine rationnelle de la société qu’on leur propose, de l’avenir qu’ils peuvent palper dès 15 ans quant au collège on leur demande de choisir un métier pour le restant de leur vie.
Alors c’est à nous de nous réveiller, de dire que, non, la société morne et cadenassée qui est la nôtre n’est pas inchangeable. Que la jeunesse a le droit de vivre et de se construire avant de faire des choix qu’un adulte serait bien incapable de faire. Que l’école doit retrouver son rôle d’ascenseur social. Que le mérite doit être réattribué à ceux qui le démontrent.
Quelques pistes de réflexion :
- le socle commun du collège doit être la découverte : découverte des métiers (stages), du monde qui nous entoure (comment comprendre les actualités), de soi (multiples associations, clubs), des autres (temps de repos, de dialogue avec les adultes et les amis), de notre société nationale (approche active de la citoyenneté, participation), intellectuelle (cours théoriques accompagnés par des enseignants plus libres et plus pédagogues que savants, appui sur l'apprentissage des langues)
- le lycée doit promouvoir l’épanouissement : épanouissement dans un métier choisit en toute liberté (filières professionnelles), dans des domaines intellectuels et para-professionnels (filières générales proposant des modules thématiques très poussés conjointement à un enseignement plus académique), épanouissement dans leur vie d'adolescents (soutien aux pratiques participatives lycéennes, sport, suivi psychologique et médical - notamment de nutritionnistes).
- L'année post lycée devrait être une année de souffle et d’ouverture au monde adulte : année consacrée à un "service civil" non volontaire, comportant la découverte active des institutions de la République, l'engagement au sein d'une association reconnue, d'un service de l'état ou d'une collectivité territoriale, de l'appareil militaire ou auprès d'une commune jumelée.
De tous temps les nouvelles générations ont voulu se démarquer de leurs aînés, montrer qu'ils pouvaient être meilleurs, aller plus loin. D'un autre côté,......















































