
Le rêve du Parti socialiste a fait long feu. Pour le premier tour des élections régionales de mars prochain, la gauche partira en ordre dispersé. Le week-end a en effet été l’occasion de quelques clarifications, à quatre mois du scrutin : le Parti communiste choisit finalement de poursuivre la stratégie des européennes au sein du Front de gauche, aux côtés de Jean-Luc Mélenchon. Une autonomie qui s’ajoute à celle des listes des Verts/Europe-écologie.
Le MRC de Chevènement et le PRG ont bien eux décidé de partir avec le PS. Insuffisant pour rejouer le coup de 2004, où la gauche était unie dès le premier tour dans la plupart des régions. Quant au NPA, il ne veut pas entendre parler du PS, et devrait aussi mener ses propres listes, hors Front de gauche.
« Les questions de tractation électorale explique la division à gauche, mais pas seulement », analyse François Miquet-Marty, directeur de l’institut de sondage Viavoice. « En 2004, la mémoire de 2002 (avec la présence du FN au second tour de la présidentielle) était encore présente. On pensait que la dispersion était fatale à la gauche. Aujourd’hui, il est difficile de rééditer ces listes d’union car nous sommes dans une logique de différenciation des visions du monde : autonomisation des écologistes, identité anticapitaliste forte ».
Réserves de voix pour le second tour
La dispersion de la gauche sera-t-elle pénalisante pour la gauche ? Face à la droite, qui avance unie – à moins que le Nouveau centre, qui demande cinq têtes de liste, ne joue les trouble-fêtes de la majorité – la gauche pourrait pâtir de son éparpillement. A moins, au contraire, d’en profiter : « Les listes autonomes à gauche peuvent permettre de mobiliser chaque électorat et avoir ainsi des réserves de voix pour le second tour. Il n’est pas sûr que la dispersion soit si mauvaise », souligne François Miquet-Marty. « Ou si elle est mauvaise, c’est plus pour le PS, dont l’appel à l’unité autour de lui n’a pas fonctionné », ajoute-t-il.
Reste la question du Modem. Lui aussi a décidé ce week-end de monter ses listes pour les régionales. Si sa décision évite au PS de se déchirer sur la question des alliances avec les centristes, rien ne dit que dans certaines régions le PS ne lorgne pas vers le Modem. La semaine dernière, le président PS de Bourgogne, François Patriat, expliquait à Public Sénat vouloir se donner jusqu’à décembre pour tenter de rassembler gauche et écologistes. Mais en cas d’échec des négociations, il laissait entendre qu’il ne fermerait pas la porte au Modem. Il va devoir se poser la question plus vite que prévu.
François Vignal