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Les socialistes sont-ils d'extrème-droite ?

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Par Loone
le 19/10/2009 à 09:27, vu - fois, - nombre de réactions
Info non vérifiée par la rédaction du Post.

Lors de la polémique sur l'arrestation de Roman Polanski, Marine Le Pen fit de la défense réflexe du ministre de la Culture envers un cinéaste éminent comme une présomption de complicité, et d'un livre de Frédéric Mitterand une accusation de pédophilie. Des passages de la "mauvaise vie", extraits d'un contexte moralisateur et repentant, devenaient en effet pour le moins ambigüs. Lorsque Benoît Hamon s'est dit choqué par le contenu de ces passages, surfant sur une vague dont on pouvait attribuer à la fille du leader historique de l'extrème-droite, une contre-vague morale et bien-pensante sortit les flingues et le sieur Hamon fut sous la mitraille pour sa courte déclaration : il était honteux que la "gauche éternelle" se compromit avec des pulsions partagées avec la rejetonne d'une momie qualifiée de fasciste.

En effet, être héritier du mouvement qui dépénalisa l'homosexualité en 1982 sous le ministère de M.Badinter -- des clous dans votre aspirine Mme Dati ? -- donne des responsabilités, mais en affaire de politique,  les mots ont leur importance, elle est même centrale. A force de découper les discours pour en sortir des "petites phrases" destinées à définir "qui est derrière qui ?" le système médiatique produit une sorte de sous-culture politique, la "pipolitique" qui ressemble trait pour trait à la "culture d'appareil" qui fait fi des différences de forme pour ne conserver qu'une l'information binaire -- pareil/différent, devant/derrière, avec/contre -- comme ces journalistes que l'on surprend écouter des discours politiques avec des questionnaires à choix multiples pré-établis.

Pourtant ce n'est pas parce que des positions sont comparables sur le fond que la forme n'a aucune importance. Au contraire cette forme est essentielle : l'actualité en livre un autre exemple avec deux prises de positions, qui font une ce matin pour dire sur le fond des choses comparables, mais où la forme diverge sur une question essentielle qui permet de faire la différence entre un propos démocratique et un propos démagogique.

- Arnaud Montebourg: "Une chèvre pourrait être élue à Neuilly-sur-Seine avec l'investiture de l'UMP"

- Marine Le Pen: "Un chien UMP serait élu" à Neuilly

La politique est affaire de mots et non seulement de "qui suis qui", la politique n'est pas une chronique mondaine faite de vies individuelles, la politique est le théâtre émancipateur de notre vie collective. Désolé de faire mon Parking, mais j'aimerais bien vous laissez méditer un petit peu la dessus avant de vous donner ma solution.

  • La première différence est une différence mineure, c'est l'animal choisi, car dans les deux cas l'animal chosi à une connotation, et traiter une personne de chien et plus brutal que de le traiter de chèvre. Il ne viendrait à personne l'idée de traiter un proche de chien, alors que de le traiter de chèvre peut s'envisager, bien emballé.

  • La deuxième différence réside dans la nature politique de l'animal. Cette différence est beaucoup plus signifiante, dans le discours de Marine Le Pen il est sous-entendu qu'il y a des "chiens" à l'UMP ou des hommes de cette qualité, alors que M.Montebourg ne sous-entend absolument pas qu'il puisse y avoir des animaux à l'UMP mais simplement que s'il venait à l'idée à ce parti d'investir une chèvre, elle serait tout de même élue, même en qualité. Or dans le rhétorique totalitaire, c'est un aspect essentiel que l'abaissement des adversaires à une animalité, rat ou écureuil, que ceux qui n'ont pas encore vu la fabuleuse scène d'ouverture du dernier Tarantino m'excusent, mais c'est à ce genre de détail animal que l'on débusque la bête sous la couverture encore plus surement que les tatouages.

A chaque fois, Marine Le Pen a franchi la ligne rouge, la première fois en parlant de pédophilie là où il y avait homosexualité et prostitution, mais surtout pour les déclarations qui nous concernent en abolissant la frontière entre l'animal et l'homme. Il est donc excessif de dire que les socialistes deviennent d'extrême-droite parce qu'ils critiquent les mêmes faits que le Front National, car il ne le font pas de la même façon, et ne franchissent pas les lignes rouges du débat politique : l'amalgame et la calomnie.

Par Loone (- Encourager)
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