J'ai envoyé ma démission de conseiller national du MoDem à François Bayrou: je ne peux plus cautionner les dérives répétées de sa direction.
J'ai envoyé ma démission de conseiller national du MoDem à François Bayrou: je ne peux plus cautionner les dérives répétées de sa direction.
Mercredi midi, j'ai envoyé ma démission de Conseiller National du Mouvement Démocrate à François Bayrou et je lui ai indiqué par ailleurs que je ne souhaitais plus faire partie du Mouvement Démocrate.
Après deux ans d'engagement à ses côtés, j'ai souhaité quitter le mouvement car je ne pouvais pas cautionner son organisation et les dérives répétées de sa direction. Nous avions le projet de "faire de la politique autrement", "d'inventer la grande formation politique du 21èmle siècle", de nous situer "au-delà des clivages" dans un projet résolument humaniste et démocratique. C'est sur ces promesses que François Bayrou a mobilisé des dizaines de milliers de personnes en 2007. Mais aucune de ces promesses n'a été tenue, si ce n'est dans les discours.
La campagne des européennes fut désastreuse. Nous n'avons pas pu parler d'Europe car toute l'attention était focalisée sur un anti-sarkozisme lancinant. Nous n'avons pas pu faire émerger nos valeurs écologiques (et pourtant nous en avions) pour les mêmes raisons.
Nous sommes à 6 mois de la prochaine échéance et le pire de la politique politicienne se remet en place au sein du MoDem. Les élus sortant organisent leur "réélection à tout prix", les membres de commissions d'investiture dans chaque région sont eux-mêmes candidats à l'investiture dans une énorme confusion des genres, les tractations en coulisses sont affligeantes, la ligne politique est flageolante et les militants sont toujours laissés de côté.
Le 4 juillet dernier, lors du Conseil National, François Bayrou annonçait qu'il allait organiser des primaires pour les têtes de liste aux régionales. Trois mois après, il n'en est plus question : le Bureau Exécutif proposera ses têtes de listes et les fera valider par le Conseil National.
La démocratie interne n'est qu'une vue de l'esprit. Le prochain conseil national du 24 octobre doit entériner cette procédure autoritaire et, en mon âme et conscience, je ne pouvais pas la cautionner.
Si l'on se replace au niveau de la promesse initiale, celle qui fut formulée en 2007 par François Bayrou, on peut affirmer que le Mouvement Démocrate n'a jamais existé. C'est une formidable construction intellectuelle, probablement l'une des plus innovantes de la cinquième république, mais ce n'est qu'une construction intellectuelle.
Le MoDem est finalement un parti politique comme les autres, avec toutes ses dérives. Ce serait d'une banalité confondante s'il ne prétendait pas le contraire et s'il n'avait pas fait croire à des milliers de citoyens qu'il serait différent des autres.
J'y ai sincèrement cru. J'y ai travaillé comme je pouvais. Je me suis fait avoir.
Sans rancune et sans aigreur. Je vais tenter de continuer à travailler à cet idéal démocratique sous une autre forme et essayer de décliner les valeurs auxquelles je crois dans ma vie de citoyen engagé. Je ne sais pas si je réussirai mais je vais essayer.
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