Environ 200 personnes ont dégradé bâtiments publics et commerces. Mais qui est derrière tout ça?
"Scène de guerre", "commando"...
Les termes employés par les témoins du saccage du centre-ville de
Poitiers sont forts.
Ce samedi, une manifestation a dégénéré.
Des dizaines de commerces et plusieurs bâtiments publics ont
été tagués, des vitrines et des abri-bus ont
volé en éclats, des poubelles ont
brûlé. Heureusement, sans faire de blessés.

Un abri-bus fracassé, dans le centre-ville de Poitiers // MaxPPP
"L'ambiance était
apocalyptique, effrayante, et l'air irrespirable. Et puis, ils sont
mis à tout détruire", raconte une jeune fille sur
Poitiers.maville.com.
"J'ai vu des mouvements de foule,
apeurée par la violence des casseurs, qui ont pillé
et volé des ordinateurs, avant de mettre le feu dans les locaux du journal local et de casser une trentaine de vitrines", relate Emmanuel qui se présente comme un commerçant de Poitiers, dans les commentaires sur le site de
TF1.
18 personnes ont été interpellées. Elles devraient comparaître dès lundi devant le tribunal.

Boutique Bouygues détruite dans le centre-ville de Poitiers // MaxPPP
Mais tout n'est pas très clair dans cette affaire. Quelques questions restent en suspens. Eléments de réponse.
>> C'était quoi cette manifestation ?
Au départ, il s'agissait d'un
petit groupe qui devait manifester contre le transfèrement
de détenus entre l'ancienne et la nouvelle prison de la
ville, explique
Le Figaro. Le rassemblement était organisé à l'initiative de groupes libertaires opposés aux prisons.
>> Pourquoi n'était-elle pas plus encadrée ?
"Les affiches appelant au
rassemblement à 16 h 30 sur la place du
Maréchal-Leclerc à Poitiers, avaient de quoi tromper
leur monde. Les organisateurs y parlaient de débats, de
concerts festifs", explique
La Nouvelle République.
Et les forces de l'ordre s'attendaient à voir moins de gens. La manifestation a été "plus importante que prévue", selon la directrice de cabinet du préfet, Anne Frackowiack.
Avec des personnes venues "de
l'extérieur de Poitiers", selon Bernard Tomasini,
Préfet de Poitou-Charentes, interrogé sur
France Info. "On attendait 50 à 70 personnes pour ce type de manifestation. Nous avions mis en face des forces de l'ordre pour canaliser", poursuit-il. Mais visiblement pas assez... Les manifestants étaient environ 200.
>> Et qui sont ces gens ?
"Des gens très très bien organisés et très très bien formés pour ce genre de combat de rue", estime Bernard Tomasini.
"Ils portaient cagoules ou foulards, et étaient armés
parfois de bâtons, de fumigènes ou de
pétards", selon
France 2.
Ils sont présentés comme des militants se réclamant d'un "mouvement anti-carcéral" qui avaient fait la publicité de ce rassemblement sur des sites et blogs libertaires et anarchistes.
>> On en est sûrs ?
C'est en tout cas ce qu'il ressort des déclarations de la police, de la Préfecture et des médias locaux.
>> Et c'est la première fois que de tels incidents ont lieu à Poitiers ?
Oui, selon le maire socialiste de la ville.
Alain Clayes, qui parle de "commando
de casseurs" explique sur France Info que "ce n'est pas
acceptable" et qu'il s'agit là "d'une vraie blessure pour
tous les Poitevins".
Etiez-vous sur place ?
Avez-vous assisté à la manifestation ? Au saccage des rues du centre-ville ?
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