On le dit souvent mal en point, réduit à sa portion congrue, s’essoufflant scrutin après scrutin. A Avion (près de Lens), le Parti communiste a cependant conservé sa splendeur d’antan. En témoigne la prochaine élection municipale, dimanche : le PCF sera vainqueur. Comme toujours depuis 75 ans. Quand les autres formations ne peuvent même pas aligner une liste, le PCF offre deux candidats. Qu’importe puisqu’ici il reste indéboulonnable.
Deux listes communistes, ça prête au sourire. Sous d’autres cieux, on parlerait d’un suicide politique. Pas à Avion (18 000 âmes), ville champignon de l’ex bassin minier: le tout puissant PCF échappe aux affres du temps et de la modernité. Intemporel presque. Ses scores feraient pâlir d’envie n’importe quelle autre formation politique: 76% pour la liste PC au 1er tour des municipales 2008, 30% aux dernières européennes, 16% pour la candidate Buffet à la présidentielle 2007… Intouchable dans les élections locales, le Parti se maintient même très honorablement dans les rendez-vous nationaux. Ici, on vote PC depuis 1935. Avec une fidélité sans faille, comme si l’électeur avionnais était exempt de cette versatilité et de tous ces maux dont on l’accuse couramment. D’ailleurs, le Parti y est tellement enraciné qu’aucun candidat communiste n’a jamais été mis en ballottage lors des élections en soixante-quinze ans ! Exception faite des municipales 2001 où deux tours avaient été nécessaires pour départager deux listes… communistes. Déjà. Car à Avion, le PCF peut encore s’offrir le luxe d’afficher ses dissensions. Dimanche, les Avionnais auront donc à choisir entre deux candidats communistes : Jean-Marc Tellier, dauphin du maire sortant, et Cathy Apourceau, conseillère régionale.
Rouge bonnet, bonnet rouge

