Le Collectif Jeudi Noir a annoncé ce matin qu'il venait de"réquisitionner" un bâtiment vide de 1.800 m2 près de la Bastille à Paris (XIe) pour en faire une "Cité U" afin de dénoncer la crise du logement étudiant. Au passage de la Bonne Graine, les militants festifs de Jeudi-Noir ont donc planté une nouvelle semence d’espoir dans le jardin locatif étudiant peu rutilant de la capitale. Alors que l’annonce devait se faire plus tardivement, une grande vague de mobilisation a retentie sur l’ensemble des moyens de comm du collectif. Ainsi, à la vue d’un vigile de la société ADOMA qui est propriétaire des lieux, les occupants du bâtiment ont sonné le tocsin sur le web. Mobilisation donc pour le collectif, arrivée des journalistes assez éberlués par la capacité de rebond de ce collectif que le cabinet de Valérie Pécresse a largement pris en grippe. Ainsi, pendant plusieurs mois Jeudi Noir a ridiculisé les lenteurs de la ministre et du Crous en montrant du doigt un bâtiment universitaire vide rue de la Harpe. A une semaine d’une opération de communication de la ministre venue inaugurer une grosse vingtaines de chambres étudiantes dans la ville d’Arras, nos empêcheurs de tourner en rond offre donc le double de chambres à des jeunes précaires, étudiants et jeunes travailleurs et cela en pleine capitale.
Alors que le risque d’une expulsion illégale se profilait, le collectif a donc lancé l’info de cette prise de guerre symbolique très tôt dans la matinée. Manuel Domergue répondant à un journaliste de l’AFP a commenté avec son humour habituel : "Une quinzaine de jeunes - étudiants et travailleurs précaires ne parvenant pas à se loger à Paris - se sont installés depuis 10 jours dans certaines des 60 chambres existant dans ce bâtiment qui est totalement vide et appartenait à la Poste qui vient de le vendre à Adoma". Toujours avec son flegme vivace, le collectif a ajouté : « La ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a rameuté la presse du monde entier pour inaugurer l'occupation de 30 logements dans une caserne vide d'Arras la semaine dernière", ironise l'association dans un communiqué. "Jeudi Noir fait deux fois mieux dès aujourd'hui en plein centre de Paris!".
Plus concrètement, alors que la ministre essaie de montrer un bilan positif dans le domaine de la recherche, de l’évaluation de la recherche et de la vie étudiante, Jeudi Noir pose ici la vérité telle qu’elle est. L’Unef a d’ailleurs parallèlement rappelé qu'entre 2004 et 2009, "moins de la moitié des constructions prévues (11.500 au lieu de 25.000) et deux tiers des réhabilitations (23.000 au lieu de 35.000) ont été effectivement réalisées".
Valérie Précresse avoue difficilement ses piètres exploits et prévoit 5.000 constructions et 7.000 réhabilitations par an entre 2004 et 2014 s’appuyant sur un rapport très complaisant pour le gouvernement qui avait estimé en 2004 à 120.000 le nombre de nouvelles chambres nécessaires. On voit donc le peu de résultats de cette ministre qui s’est illustrée dans sa manière autistique de gérer la colère justifiée des Universitaires. Entre parenthèse, les chercheurs critiquent ouvertement les nouveaux rapports concernant l’évaluation des chercheurs. Ils ne comprennent pas pourquoi cette évaluation serait progressivement transmise à l’AERES, déjà peu compétente sur le terrain pour donner des avis sur la création des unités de recherche. Ainsi, le cabinet de Valérie Pécresse s’obstine à déséquilibrer des instances comme le CNRS qui ont prouvé leur capacité et dans la même veine, la ministre continue une mystification concernant la vie étudiante. La ministre reste totalement sourde à l’invention de nouveaux types de logements étudiants, tout en restant lente dans la réalisation de structures utiles au développement d’une excellence étudiante.
Jeudi Noir aujourd’hui montre combien il est important de créer des nouveaux contrats d'occupations temporaires. En effet, comme pour la Rue de la Harpe, dans ce passage du coté de Bastille, des bâtiments sont laissé en attendant des travaux pendant des années. Jeudi Noir montre aussi la duplicité du Cabinet de la ministre dans le domaine du logement étudiant.