Ouf! On eu chaud! Depuis quelques jours en effet, on pouvait lire ici où là que le PS abordait la proche rentrée tout calme, tout beau, tout lisse, tout amour! C'était désespérant! Même Cambadélis y était allé de son couplet pour bisounours de section « Les franc tireurs, c'est fini » avait-il écrit à un militant qui n'en pouvait plus.

Heureusement pour le spectacle, hier, Montebourg a choisi de l'ouvrir. Au départ, il s'agissait juste d'une réponse à une tribune d'illustres inconnus des radars socialistes publiée dans le Nouvel Obs et le mettant en cause pour ses supposés virages successifs. La réponse est claire. Après avoir le bilan (sans concession) de ses combats (tous) perdus, Montebourg se déclare prêt à en livrer un nouveau, qui pourrait bien être le dernier:
« Aujourd’hui, le combat que je mène en faveur de primaires populaires ouvertes à l’ensemble des citoyens de gauche est une ultime tentative pour associer la population aux choix de la gauche dans le jeu délétère de la présidentielle, version Cinquième République et de régler du même coup, cette question du leadership qui perdure depuis la retraite de Lionel Jospin et qui est en train de couler définitivement le PS. Avec les mêmes méthodes et les mêmes arguments -ceux de l’ex-RDA- on cherche à étouffer cette tentative de rénovation. Or, je le dis tout net, je n’irai pas plus loin. S’il devait échouer, ce combat serait pour moi le dernier, au sein d’un PS qui telle la vieille SFIO ne mériterait plus qu’on l’aide à survivre. Il y a dans ce parti trop de violence, trop de blocages, trop de poussières sous les tapis, trop de petits calculs pour que le militant que je suis, fidèle à ses idées et fier de ses engagements, ne tente pas son dernier combat. »
Et en quelques heures la machine à claques du PS se réveille. Un proche de Hollande, Faouzi Lamdaoui s'y colle :"Dans les temps difficiles que nous traversons, j'appelle chaque socialiste à garder son sang-froid et à jouer collectif plutôt qu'à formuler des exigences personnelles"; suivi aussitôt par un proche d'Hamon, Razzy Hammadi: « "Ce qu'Arnaud Montebourg a envie de dire c'est qu'il faut que ça bouge, maintenant je ne suis pas d'accord avec la manière dont il l'exprime. Il faut qu'on bouge, qu'on bouge plus, ça ne veut pas dire qu'on est dans l'immobilisme".
Éternels arguments usés jusqu'à la corde dès qu'il s'agit de flinguer un gêneur. « Tu joues perso et pas collectif. Tu as raison sur le fond mais pas sur la forme. Nous ne avons toujours été un parti de mouvement et d'idées. »
Ces déclarations sont attristantes pour le PS. Elles paraissent à ce pont déconnectées des enjeux réels posés par Montebourg, que tout militant, sympathisant, électeur du PS ne peut qu'être affligé de leur vacuité totale. Ce petit jeu ne signifie rien, ne ressemble à rien. La grande machine tourne à vide. On ne croit même plus à la sincérité des déclarations d'indignation de ces seconds couteaux délégués à l'exécution du gêneur, ces ridicules spadassins à la solde de coteries présidentielles ou empoisonneurs diplômés stipendiés par la curie de Solférino. Ces petits coups de dague dans le Montebourg, ces petites bagues pleines de poison déversées dans son coktail de primaires à la française ne signifient qu'une chose: c'est déjà foutu, mais comme dirait Cyrano, "c'est tellement plus beau lorsque c'est inutile!"