À l'heure où les médias dominants martèlent la même propagande contre la Chine et en faveur des révoltes des provinces chinoises du Tibet et du Xinjiang, il est utile de lire d'autres sources pour comprendre la nature réelle des événements en cours et la complexité de leurs enjeux géopolitiques.
Tout (ou presque) sur le Xinjiang et les Ouïghours dans les revues :
Frédérique-Jeanne BESSON et Françoise AUBIN (sous la direction de), Les Ouïgours au vingtième siècle, Cahiers d'Études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien n°25, 1998, Cemoti.
Le Xinjiang au bord de l'embrasement", "Le dragon chinois gronde chez les Ouïgours" titre la presse française. Les émeutes qui ont agité la ville de Yining, ou Kouldja, au mois de février 1997, la vague de répression qui les a suivies, les trois attentats à la bombe à Pékin qui paraissent y répondre, bref l'ensemble des événements de cette dernière année au Xinjiang ont été largement couverts et répercutés par les médias occidentaux. Suivis de près par une agitation de même nature au Tibet, ces événements ont placé au coeur de l'actualité la province séparatiste de l'Ouest. Survenus au moment de la mort de Deng Xiaoping, ils ont alimenté la tendance qui, en Chine comme à l'extérieur, cherche à prédire l'éclatement de l'Empire. Les événements de Tian-an-men en 1989, la fragilisation du centre par rapport aux riches provinces côtières, la fin de l'URSS analysée comme le glas des empires, la mutation entamée sous l'effet de l'économie de marché et enfin la mort du dirigeant sont des éléments invoqués à l'appui d'un scénario de désintégration de la Chine, qui complèterait ce bouleversement radical que le continent eurasiatique a connu dans les dernières années du XXe siècle. Dans la mesure où l'hypothèse du « séparatisme économique » des provinces côtières du Sud-Est semble avoir fait long feu, surtout depuis le retour de Hong Kong dans le giron chinois, l'attention se porte tout à coup sur les trois provinces frondeuses du limes, la Mongolie, le Tibet et le Xinjiang/Turkestan Oriental.
Rémi Castets, « Le nationalisme ouïghour au Xinjiang : expressions identitaires et politiques d’un mal-être. », Perspectives chinoises, n°78, 2003, Perspectives chinoises.
Au cours des vingt dernières années, les troubles au Xinjiang se sont multipliés et le sentiment national ouïghour s’est renforcé. Cette étude se propose de mettre en évidence les causes et les formes de la montée du nationalisme ouïghour. Nous soulignerons l’impact déterminant d’un contexte sociopolitique largement sous tendu par des logiques coloniales pour expliquer le renforcement de cette idéologie visant à redonner aux Ouïghours, ou plus largement aux populations turcophones du Xinjiang, les rênes du pouvoir politique que ce soit au sein d’une entité véritablement autonome ou indépendante. Nous soulignerons aussi le rôle joué par les inflexions récentes du contexte politique en Chine et en Asie centrale.
Elisabeth Allès, « Iredale Robyn, Bilik Naran et Guo Fei (éds.), China’s Minorities on the Move. Selected Case Studies / Godement François (dir.), « La Chine et son Occident. China and its Western Frontier », Les Cahiers d'Asie », Perspectives chinoises, n°81, 2004, Perspectives chinoises.
Les disparités régionales, entraînées par les réformes entreprises depuis ces vingt dernières années, ont accentué la situation parfois désastreuse des populations de la moitié ouest de la Chine. Retard de développement économique, migrations Han renforçant les tensions politiques en particulier au Xinjiang et au Tibet, et grands projets gouvernementaux ont incité les chercheurs chinois et occidentaux à porter une attention plus soutenue à ces régions sensibles en raison de leur position stratégique de zones frontières. Le premier ouvrage présenté ici traite d’un thème encore peu abordé, la migration des minorités ; le second, plus politique, analyse les stratégies en œuvre dans les provinces occidentales de la République populaire de Chine (RPC).
Guillemette Pincent, « Les empreintes spatiales de la sinisation dans les petites et moyennes villes du Xinjiang », Géocarrefour, volume 84-1-2/2009, Géocarrefour.
Le Xinjiang est une région autonome située à l’ouest de la Chine. Sa population se compose de 41% de Han et de près de 45% d’Ouïgours, musulmans et turcophones qui réclament depuis des décennies leur indépendance. Le gouvernement chinois tente alors de contrôler fortement ce territoire. Cet article analyse les marques spatiales de la sinisation en cours dans les villes petites et moyennes du Xinjiang. L’emprise du pouvoir central sur ces espaces urbains se caractérise par la fragmentation des cités historiques ouïgoures et par la folklorisation de l’héritage bâti traditionnel. La ville devient un espace de pouvoir, elle symbolise les tensions politiques entre populations locales et État chinois.
Alain Cariou, « Introduction au dossier « L’Asie centrale » », EchoGéo, Numéro 9 | juin 2009 / août 2009, EchoGéo.
Alain Cariou, « Le nouveau Xinjiang : intégration et recompositions territoriales d’une périphérie chinoise », EchoGéo, Numéro 9 | juin 2009 / août 2009, EchoGéo.
Le Xinjiang est généralement présenté comme l’archétype de la périphérie chinoise en raison de son enclavement, de son retard de développement et de son peuplement constitué de minorités nationales. Pourtant, depuis peu, cette périphérie présente le paradoxe d’un développement accéléré qui la singularise des autres provinces intérieures de la Chine par son premier rand pour son IDH et son PIB. Cette évolution s’explique par son rôle géostratégique dû à sa richesse en ressources naturelles et à sa position frontalière ce qui lui confère la fonction de « tête de pont » commerciale de la Chine en Asie centrale. L’achèvement du réseau routier et ferroviaire transcontinental porteur de migrations Han participe de la politique nationale de sécurisation et d’intégration économique et culturelle du Xinjiang ce que traduit le rapide déclin des minorités nationales.
Dossier documentaire & Bibliographie Xinjiang :
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Serge LEFORT pour Monde en Question
14/07/2009