"Il était sidéré": c'est ainsi que l'avocat de
Jean-Hugues Bourgeois nous décrit, ce samedi, la réaction de son client à l'annonce de sa mise en examen.
A la surprise générale,
ce jeune agriculteur bio qui s'était installé
à Teilhet (Puy-de-Dôme) a en effet été
mis en examen mercredi.
Le même qui,
las d'être harcelé et victime de menaces de mort et de
destruction de ses biens,
a fini par partir pour la région nantaise, fin 2008.
Il avait été menacé de mort.
Sa grange avait été incendiée.
Ses bêtes tuées.
Vengeance? Règlement de comptes? Jalousie de gens du coin
par rapport à un "étranger"?
Plusieurs hypothèses avaient été formulées.
Mais l'enquête n'a, jusqu'ici, rien donné.
Tout juste
l'identification d'un auteur d'une lettre de menace: un militant du
FN qui a été
mis en examen et n'a "aucun lien avec les infractions subies par M.
Bourgeois" affrmait alors le procureur de
Riom.
Et
trois interpellations, qui n'ont rien donné non plus.
Sur quoi se base la mise en examen du jeune agriculteur?
"Sur un rapport d'expertise d'écriture de la première lettre de menace de mort qu'il a reçue:
celle qu'il a trouvée en août 2008, dans une enveloppe
en forme de cercueil" nous explique son avocat.
"On le soupçonne de l'avoir lui-même rédigée" poursuit-il, ajoutant "il ne comprend pas."

C'est cette lettre de
menace de mort, trouvé dans une enveloppe en forme de cercueil, que Jean-Hugues Bourgeois est à présent soupçonné d'avoir écrit.
Sur Le Post, Maître Jean-Louis Borie, l'avocat de Jean-Hugues Bourgeois, répond:
Quand avez-vous su que votre client était soupçonné?
"Mercredi, lors de sa mise en examen par le juge d'instruction en charge de l'enquête. J'étais là. Il nous a expliqué pourquoi il était mis en examen. Il n'est pas sous contrôle judiciaire."
Qu'a-t-il donné comme explications?
"Il a dit que Jean-Hugues Bourgeois était soupçonné d'être l'auteur de la première lettre de menaces de mort qu'il a trouvée sous le siège de son tracteur, en août 2008. C'est de cette lettre que tout est parti. Elle était dans une enveloppe en forme de cercueil."
Pourquoi votre client est-il soupçonné de l'avoir lui-même rédigée?
"Dans le cadre de l'enquête, il y a deux mois environ, mon client a été appelé par les enquêteurs pour passer des tests d'écriture dans les locaux de la gendarmerie. Il s'y est soumis. Ces tests ont été analysés par un expert qui dépend du service technique de la gendarmerie. Et le rapport d'expertise a été transmis à l'instruction. Un rapport qui dit que la lettre a vraisemblablement été écrite par mon client."
L'écriture est similaire?
"Celle de la lettre est contrefaite, c'est de l'écriture bâtons. Ce n'est pas celle de mon client."
Des empreintes particulières y ont-elles été relevées?
"Non. Mis à part celle d'un enquêteur. Mais les conditions des tests, étaient, en revanche, spéciales."
C'est-à-dire?
"On lui a fait faire toutes sortes de tests d'écriture. On lui a demandé d'écrire vite, puis lentement. Mon client s'est demandé si les enquêteurs ne le soupçonnaient pas avant même de lui faire passer les tests."
Est-il soupçonné d'autre chose?
"Il est soupçonné du reste aussi, sans aucun autre élément. Par raison déductive, on lui laisse sous-entendre que s'il a rédigé la première lettre par laquelle tout a commencé, il peut bien aussi avoir fait tout le reste."
Incendier sa grange et tuer ses propres bêtes?
"C'est ça. Ce qui est tout bonnement impossible. De plus, vu les éléments techniques du dossier, il n'est pas possible qu'il ait fait ça seul. Et dans quel intérêt? Pourquoi aurait-il fait ça? Pour toucher une assurance? Son bâtiment n'était même pas assuré."
Quel est le fond de l'histoire?
"Difficile à dire. Ce qui est certain, c'est ce qui les analyses scientifiques avaient été faites en temps et en heure, dès le début de l'enquête, on n'en serait pas là aujourd'hui."
Comment réagit votre client?
"Il ne comprend pas. Il avait tourné la page, commencé une nouvelle vie ailleurs. Et voilà qu'il est mis en examen. Sans aucun élément objectif permettant d'établir une quelconque culpabilité de sa part."
Qu'allez-vous faire?
"Nous avons demandé une nouvelle expertise au juge d'instruction. Il nous l'a accordée et devrait l'ordonner prochainement. Ensuite, en fonction, on demandera un non-lieu."
Contacté par
Le Post, le parquet de Riom "ne souhaite pas communiquer."
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