Sarkozy et Karachi: l'injure faite aux victimes et leurs familles?
Quel étrange pays que le notre. Que sommes nous devenus? Plus rien ne nous indigne, même l'insupportable.
Depuis hier, je suis sidéré par la bande vidéo montrant la réaction de l'actuel président de la République répondant à une question relative aux causes de l'attentat de Karachi, attentat commis en 2002 et qui coûta la vie à quatorze personnes.
Pour rappel, l'attentat aurait été commis par l'État pakistanais (et non Al-Qaïda) en guise de représailles, après l'interruption par le président Chirac, du versement de commissions sur des ventes d'armes opérées avant son élection. Ces commissions auraient donné lieu à des rétro-commissions qui auraient servi à financer la campagne présidentielle d'Édouard Balladur en 1995. Une fois élu, Jacques Chirac aurait alors cessé tout versement, ce qui aurait eu pour conséquence l'attentat de Karachi. Ajoutons qu'à cette époque, le ministre du Budget en charge et l'un des principaux organisateurs de la campagne Balladur s'appelait... Nicolas Sarkozy.
(Vidéo: Elysée.fr)
Comme certains de mes camarades s'étonnent de certains aspects de la réponse quant au fond des choses, je vais me concentrer sur la forme, puisqu'ainsi que le disait Mitterrand, "la forme rejoint toujours le fond".
Étrange sensation que celle éprouvée au visionnage de ce document. Cette gestuelle, cette dénégation informe, ce rire en forme de quinte de toux... Malaise, malaise et encore malaise...
Comment peut-on être président de la République, être interrogé sur un dossier sensible politiquement, diplomatiquement, humainement et se conduire ainsi? Comment peut-on oser, dans une cause de cette importance, afficher autant de désinvolture et de mépris à l'égard du journaliste? D'autant que ce mépris et cette désinvolture atteignent aussi, par ricochet, les familles des victimes qui sont à l'origine de la question posée au vu des éléments figurant aujourd'hui dans le dossier d'instruction de l'affaire. (Et en passant, encore bravo à tous les confrères qui se marrent ostensiblement quand le chef de l'Etat se moque du représentant de l'AFP qui fait son boulot, lui; à ce degré de connivence, ça frise la collaboration).
Et la syntaxe: "Pis si vous avez des éléments, donnez le à la justice et demandez à la justice qu'ils enquêtent"... Trois fautes de français en trois secondes...
Et le final, éblouissant, confondant, ahurissant, atterrant. Le président plaisante afin de souligner le caractère inepte, selon lui, de la question: "Si y a un braquage aujourd'hui à Bruxelles, j'y étais, c'est incontestable". Ce qui, soulignons le au passage, est une sorte de reconnaissance implicite que les faits en question se seraient bien produits à l'époque dans son voisinage, ce qui justifiait que la question lui fût posée hier. Là-dessus, très fier de son effet, il se laisse aller à émettre une sorte de rire grommelé avant de se dire que visiblement, l'affaire est grave et qu'il faut quand même faire attention à ce qu'on dit. Du coup, il tente de corriger le tir et lâche cette petite phrase: "Pardon hein, je ris pas du tout parce que Karachi, c'est la douleur des familles, des trucs comme ça, mais qu'est ce que vous voulez que j'aille répondre là dessus".
Avez-vous bien noté le "Karachi, c'est la douleur des familles, des "TRUCS" comme ça".
Allez, encore une fois: "Karachi, c'est la douleur des familles, des "TRUCS" comme ça".
Méditons, méditons sur ce que l'emploi de cette formule révèle de l'idée que son auteur se fait de l'humanité, de la compassion, de la dignité et surtout, surtout de l'idée qu'il se fait de la hauteur de sa fonction. Comme il le dirait lui-même, méditons sur des "trucs comme ça" quoi...
A lire sur LePost.fr:
- Nicolas Sarkozy: "...La notion de secret d'État n'existe plus..."
- Affaire Karachi: un nouveau rire très déplacé de Nicolas Sarkozy
C'est rassurant de savoir.
Je t'embrasse bonhomme.
À un de ces jours peut-être, sans doute.
BOLL
Les journalistes, je comprends leur position, cirent un peu trop les bottes de notre égocrate de président et ça commencent à se voir !
On s'étouffe, on s'indigne et après !?
Merci cependant pour l'animation du post et pour cet article en particulier.
A bon entendeur. Wincheslav L.
Même si il détient certains éléments, il faut être naîf pour penser qu'il va tout
déballer au premier venu soit-il journaliste.
En aucune façon il ne manque de respect aux victimes. Il y a d'autres moyens pour faire avancer ce dossier.
on a donc une justice et un journaliste baffoué par un pince sans rire qui n'est pas drôle et qui même, semble s'emmeller les pieds dans le tapis et qui se rétablit par une pirouette lamentable. c'est flagrant, il est visiblement très gené par la question comme un gosse prit la main dans un pot à confiture.
enfin le fond : ceci n'est définitivement pas une posture présidentielle digne, blague à deux balle, gestuelle stressée, français approximatif et condescendance méprisante.
ça fait déjà des années que la justice enquête sur cette affaire, péniblement. son hypothèse est incroyable, mais elle ne l'a certainement pas sortie du chapeau de gérard Majax, alors au lieu de faire une réponse pareille, il pourrait dire....je ne sais pas, un truc du genre, "je ne dispose pas à l'heure actuelle d'informations sur le sujet, laisson la justice aller au bout de son enquête...BLablabla...question suivante"
on dirait vraiment du mauvais de Funès...
et pourtant moi je l'aime bien notre president il fait ce qu'il peut dans un monde ou le capitalisme arrive a sa fin , ou le communisme n'a pas marché ou tout est a re inventer
au lieu d'insulter essayons de trouver des alternatives
http://www.lepost.fr/article/2009/06/23/1591467_des-solutions-a-la-crise-pour-la-fin-du-capitalisme-sauvage.html
Félicitations!!!
L'analyse est excellente!
Il se moque du peuple gratuitement et autour de lui tous ces gogos courtisans qui font la courbette...
Où est l'humanité dans cet homme ? j'ai beau chercher je n'ai jamais vu quoi que ce soit dans ce genre sur cet homme!!!
il joue le jeu des gros requins pour essayer de les faire rester en france il preserve les plus demunis l'air de rien
pour plaire aux français il faut etre costaud en attendant personne n'a encore trouvé la solution: le capitalisme touche le fond il arrive a sa fin le communisme ça n'a jamais marché alors les tetes pensantes s'activent meme si vous ne vous en rendez pas compte
m sarkosy essaie d'eviter le pire ....en attendant des solutions
ne l'insultez pas il ne le merite pas
Quand il a dit ça, j'ai eu tout de suite à l'esprit l'image du commandant Sylvestre des Guignols lâchant son fameux gimmick "Pardon aux familles, tout ça". Ça n'est pas très glorieux de la part d'un Président de la République. On peut dire ce qu'on veut de ses prédécesseurs, mais eux au moins se comportaient dignement dans ce genre de situation.
Quant aux "journalistes" présents à la conférence de presse : sans commentaires. On se croirait en Russie.
mais pourquoi ne pas avoir simplement dit :
j'ai rien avoir avec ça laissez moi tranquille.
avec un numéro pareil il cherche a faire quoi ?
Ça tombe malheureusement très vite en amalgame avec "rires" et "injures" vis-à-vis des victimes, l'interprétation des dires allant à bon train, alors qu'il ne veut "que se moquer du journaliste" tout en esquivant la question, ce qui est certes très maladroit.
Manque de tact, problème de communication et une once de fierté mal placé, mais appelons un chat un chat et un chien un chien...
Il y a des séquences bien plus critiquable que celle-ci, et pour tout le monde, nous y compris...
les éléments verbaux et para verbaux sont finement analysés, le moindre geste ou rire pouvant être considéré comme une attaque ou une insulte. On assiste là à la toute puissance conférée au discours, la parole du président est vécue comme une action qui façonne le monde et qui peut le faire exploser à tout moment.
Une association a saisi le CSA, estimant que Cluzet a tenu des propos incitant à la haine contre Israël.
La qualif' des Bleus devait offrir à Sarkozy le prétexte à un super show médiatique. La main d'Henry a tout foutu par terre! Une com' cata vue par 12 millions...
Vincent Peillon a-t-il dérapé ou a-t-il dit ce que beaucoup de socialistes disaient jusque là en "off"?
Un prix intitulé "Noir qui fout la honte aux Noirs" faisait polémique. Pour calmer la controverse, les Gérard viennent de supprimer la catégorie.
Cette semaine encore, sur le plateau de Drucker, Roumanoff a encore dézingué Sarkozy et ses amis. Ca commence à faire beaucoup. Drucker joue avec le feu......
Un avion entièrement conçu pour les besoins du président...
Comme prévu Ségolène Royal a saboté les débats de Peillon à Dijon. Dommage pour Peillon et surtout, plein de dommages pour elle...
Royal et Vanneste sont les deux vedettes politiques de cette fin de semaine. A priori, tout les oppose, sauf si on les regarde de plus près.
Un "fake" circule sur le Web: l'Irlande propose à notre président de monter sur une boîte pour pouvoir voir le match contre la France...
Dans son discours, le président a enfilé les perles réacs. Qui osera le dire?














































