Royal épargne Aubry en ce moment? Logique: sa stratégie s'établit sur le long-terme. "Son horizon, c'est 2010", confie un de ses proches.
Segolene Royal, le 18 décembre 2008, à La Rochelle.
MAXPPP
Depuis la déroute du
PS aux européennes,
Ségolène Royal n'a pas encore réagi publiquement.
Beaucoup pensaient que l'ex-candidate en profiterait pour enfoncer sa principale rivale interne au PS. Rien de tout cela. Ségolène Royal joue l'apaisement et l'unité, à l'image de leur rencontre de mardi matin, où elle a assuré à
"Martine Aubry qu'elle pouvait compter sur son soutien complet pour
toutes les initiatives qu'elle prendra pour la transformation
radicale du Parti socialiste".
Martine Aubry n'est pas en reste. Pour donner gage de sa bonne volonté, la patronne du PS a confié à Ségolène Royal
la vice-présidence de l'Internationale socialiste. Un poste qui peut permettre à cette dernière de
"renforcer sa stature internationale avec son nouveau poste au
PS", comme l'a expliqué au
Post.fr le journaliste du
Monde qui suit le PS.
Mais derrière cette unité de façade se cacherait une stratégie bien huilée...

Ségolène Royal voit en fait plus loin: elle a établi sa stratégie sur le long-terme. Car elle sait qu'elle bénéficie d'un calendrier personnel favorable face à ses rivaux du parti. Martine Aubry en tête.
"Son horizon, c'est 2010 et les
élections régionales. Ce sera pour elle l'occasion d'un rebond
politique. Elle a là une opportunité de calendrier que les autres n'ont pas", expliquait en février
François Rebsamen au
Figaro.
Contacté par Le Post ce jeudi, ce proche de Ségolène Royal confirme qu'il maintient toujours cette analyse. Une analyse encore plus pertinente aujourd'hui, après le résultat des européennes...
Car en mars 2010 ont lieu les
élections régionales. Le PS détenant 20 régions sur 22, il est quasi sûr de perdre quelques régions lors de ce scrutin. Et Martine Aubry quelques points avec...
À l'opposé, Ségolène Royal est quasiment sûre d'être réélue à la présidence de la Région
Poitou-Charentes. Et du coup, sauf surprise de dernière minute, d'être en position de force quelques mois avant la désignation du candidat socialiste à la présidentielle de
2012.
À suivre...