Mardi soir, un appel au calme et au respect était affiché dans divers lieux publics. Mercredi, on pouvait le consulter sur le site web de la mairie des Ulis. Nombreux sont les habitants qui souhaitent retrouver la ville qu'ils ont toujours connue. Quand je suis arrivée en 2002 sur la ville, j'étais étonnée de voir des enfants chanter dans les rues.
Depuis, j'ai adoré le mélange des cultures et la richesse que cela apporte à tous. Le mois de juin aux Ulis, c'est d'habitude une succession de fêtes : fêtes de quartier, fête des écoles, fête du sport, fête de la musique... La semaine dernière, les Ulissiens étaient fiers de voir deux des leurs, Evra et Henry s'affronter en finale de la coupe d'Europe.
Aujourd'hui, nous sommes tous inquiets.
Inquiets tout d'abord pour Ossama... Les Ulis, c'est comme une grande famille. Beaucoup de gens y sont "depuis le début", c'est-à-dire le début de la commune des Ulis en 1977. Ce n'est pas du ressort des habitants de le juger. Il faut qu'il vive !
Inquiets aussi pour ces jeunes, adolescents, adultes... J'avoue être souvent déphasée par rapport à leur mode d'expression, qu'il s'agisse du rap ou du sms. Mais si les enfants chantent dans les rues, traversent la ville sans leurs parents, c'est parce que les grands frères sont là, gardiens pas loin des aires de jeu, toujours polis, serviables.
Inquiets enfin pour le climat qui pèse sur la ville. Je n'aime pas voir des CRS à tous les coins de rue. J'ai participé à plusieurs manifestations, dont une l'année dernière avec des jeunes lycéens, ça s'est toujours bien passé avec un service d'ordre minimal.
Rester chez soi le soir, retenir les ados dans les foyers, c'est aussi montrer aux forces de l'ordre que leur présence n'est pas indispensable, que les habitants sont assez intelligents pour ramener eux-mêmes le calme sur la ville.