Confidences amoureuses entre copines
J'ai rendez-vous avec une amie, Faustine ; dans un café ; non loin de la Seine ; il y sera question de nos amours.
Ce jour-là, je suis en pleine forme. J'ai récemment sauté dans les draps bras de Pierre-Henri, envoyant balader, dans un bel élan de liberté d'esprit, totue mes préventions envers les gens qui s'appellent Pierre-Henri, portent des montres très chères, des lunettes noires et des vestes sur des jeans ; et pourtant ; mais j'ai été vaincue par le champagne : on est si peu de chose. J'ai décidé d'assumer ; discrètement ; et provisoirement ; j'ai fait la liste des gens à qui je ne le dirai pas.
Quand on est frappée par l'amour, on se néglige un peu (l'amour est prioritaire), mais pas trop (sinon l'amour se barre). Donc : jean ; mais j'ai soigné la chaussure ; je ne dirais pas la marque, elle n'est pas assez mode, là je n'assume pas non plus ; mais ça le fait - top blanc, avec plastron brodé, vague air années 70 : faites l'amour, pas la guerre : justement, on est dedans ; le cheveu propre mais lâché : j'aime ; j'ai autre chose à faire que de me coiffer. Une veste genre d'homme (message : piqué à mon mec - mais en fait non - mais bon).
J'arrive ; resplendissante intérieurement, je m'assied à une table. Je me sens parisienne comme jamais : quand on aime et qu'on s'assied dans un café à Paris, on communie littéralement avec la capitale. C'est mystique.
Arrive l'Amie (accessoire indispensable de l'Amoureuse) (un peu comme dans Le Cid : il faut en parler, rendre ça public, sinon ça perd 90 % de son charme ; surtout dans le cas de Pierre-Henri : le nigaud amoureux, il faut le transcender par l'Amour : sinon on a l'air vraiment con).
Ah. L'amie a une drôle de tête. Ah non, zut alors ! Elle a la tête de la Rupture Amoureuse. Il ne lui manque que les kleenex ! Qu'est-ce que je fais, moi? je suis coincée. obligée de tomber dans le rôle de l'Amie Consolatrice, sinon ça fait pas gentille. Et je suis gentille, moi.
Et merde.
Bon.
Allons-y.
- Eh bien tu fais une drôle de tête? (je n'ai pas un ton convaincu ; on sent que je me fais mal au rôle qu'elle m'oblige à prendre).
- Mmmm.
Charmant. Heureusement qu'il y a Paris autour pour faire l'ambiance, sinon c'est le pôle Nord. Oh dis, là, elle en rajoute pas un peu dans la douleur? Je prends l'air geeeeeeeentille et la voix aussi, un peu niais.
- Toi, ça va pas. je le vois à ton air. (Sens de la psychologie)
Elle tourne vers moi le visage ce celle qui sait rester ferme dans la douleur.
- J'ai quitté Antoine. (Voix un peu rauque, sentiments forts, mais inexprimables)
- Nooooooon? ( c'est pour relancer le dialogue, vous voyez? )
- Si. (Douleur)
- Raconte. (Curiosité)
Elle ne se fait naturellement pas prier. La douleur, faut que ça sorte, sinon ça macère. Et quand ça macère c'est pas bon. Donc j'écoute. Je vous résume.
Ils s'aiment ; si ; jamais ils n'ont ressenti ça l'un pour l'autre ; c'est exceptionnel.
Mais : il y a un mais. Au fond. Vraiment au fond au fond au fond. Sont-ils prêts, je veux dire, enfin elle veut dire vraiment prêts à vivre l'un avec l'autre? A tout se donner? A bâtir quelque chose ensemble? hein? Comment qu'on le sait, si on est prêt? le fait de s'interroger n'implique déjà t-il pas en soi la réponse à cette question? Faustine en a marre d'entendre Antoine s'interroger sur la question. Il n'est pas sûr de lui et se demande sans cesse si au fond ils ne sont pas dans l'erreur. Comment savoir si ailleurs il n'y a pas une autre femme et un autre homme qui sont en fait l'homme et la femme de leur vie, mais dont ils s'interdisent la rencontre vu qu'ils sont ensemble?
Bon. Pensé, hein?
Alors du coup, Faustine doute. Toutes ces questions, au fond, ne sont-elles pas la preuve que leur amour n'est pas si stable que ça?
Un silence. L'intensité de nos réflexions. J'ai du mal à suivre, d'ailleurs je laisse un peu tomber.
Je tente, très platement : mais si vous êtes bien ensemble?
Non, c'était pas bon, ça, pas du tout. Faustine me transperce. Du regard je veux dire. Elle me corrige : mais est-ce que c'est là tout ce qu'un relation amoureuse doit apporter? Le fait d'être bien ensemble n'est-il pas le signe d'un mal plus profond, d'un vide existentiel qu'il s'agit de combler par tous les moyens?
Huuuuuuuu. Vu comme ça, hein. Pas mal pensé. Je ne me sens pas de taille à objecter face à un tel argument. D'ailleurs, je commence à avoir mal à la tête. Je reprends un café. Je tente de me conceptualiser dans ma relation avec Pierre-Henri, je n'y parviens que péniblement. Il me semble affreusement probable que Pierre-Henri et moi ne fassions que remplir nos existence avec une relation dont la légèreté me fait rougir. Diable. Et la Passion dans tout ça. Et l'Avenir? Qu'est-ce qu'on est futiles. Affreux.
Tiens, justement Faustine en est là aussi, à la Passion.
- Je pense que je mérite d'être aimée, je veux dire aimée avec un grand A. Il me semble qu'à mon âge et dans ma situation, j'ai le droit d'être aimée avec une véritable Passion, et non pas par un homme que je respecte certes, et que j'aime, qui en fait ne cherche peut-être qu'à s'illusionner lui-même sur la nature exacte de ses sentiments et qui sent bien lui-même au fond qu'e nous nous se mentons peut-être l'un à l'autre.
- Mmm-mmm, fais-je, car que répondre face à des arguments d'une telle ampleur, mais en fait je dois avouer que je suis perdue. Je ne la suis plus. Mais peu importe. Je ne dis rien. Je suis résolue à tout approuver, il y a des trucs qu'on ne peut pas partager. Elle l'a quitté, quoi, et ça va pas fort.
- Je suis fatiguée de la médiocrité. (C'est sa conclusion)
Hop, elle remet ses lunettes noires, et se tourne vers moi :
- Et toi?
Je tente de ne pas prendre un mine réjouie. ça ne me semble pas dans l'air du moment. Mais je n'y parviens pas.
- Tu es amoureuse ! me coupe Faustine avant que j'ai le temps de dire ouf.
- Mais non, protesté-je impulsivement, avant de me reprendre. N'ayant toujours pas réusi à y voir clair dans ce que je ressentais, n'ai-je pas décidé de prendre la posture commode de celle qui A Enfin Rencontré L'Amour? (Après, je pourrais toujours faire comme elle, en prenant l'air triste et douloureux : Non, Ce N'Etait Pas L'Amour, Mon Coeur Saigne, mais bon je reste optimiste.)
- Enfin, si, je crois. (Je mens mal, en plus je souris jusqu'aux oreilles, donc autant avouer)
- Je le savais ! "Faustine enlève ses lunettes et se penche, gourmande, vers moi : " Je le connais?
Damned.
- Non. (Je me concentre) (prendre l'air distrait ; je fais ça super bien).
- Je vais le connaître?
- pas tout de suite... (je fais super bien la coquette). Pour l'instant, il n'y a que lui et moi... et c'est super. Tu sais? ( Je mets l'intonation, hein, complicité et sous entendu - Elle ne va pas me dire que l'Amour Caché c'est mauvais, hein ; bon, c'est bien quand il y en a une, genre elle, qui est dans le secret, mais le concept n'est pas sans charme).
Ce qui, techniquement, n'est que la vérité, mais en fait cette vérité a une autre aspect... mais laissons là ces considérations.
- Tu as raison ! me fait Faustine, en grande praticienne de la Relation Amoureuse. Garde ça pour toi. Bon, mais quand tu officialiseras, je veux être la première, hein?
Naturellement, chère Faustine. En attendant, dans le microcosme considéré, demain, que dis-je, ce soir, tout le monde sera au courant. Parfait. Bon, je sens bien que je suis amoureuse un peu trop joyeusement, ça manque de drame, mais ça ira quand même.
c'est d'un nunuche et ça s'imagine au milieu du monde
C'est sûr, à se poser ce genre de question elle ne sera jamais heureuse en AAAAAAAmour (a mes souhaits), ta Faustine.
Elle devrait vendre son âme au Diable, elle se poserait moins de question (Goethe inside)
Un gang péruvien aurait assassiné des gens pour prendre leur graisse, vendue en Europe.
C'est ce que demande le ministre de la justice irlandaise. Ce serait une bonne idée, non ?
Un coup d'oeil sur le manuel de l'escorteur, destiné aux policiers qui raccompagnent les sans papiers expulsés
...Cette ancienne escort girl à 300 livres de l'heure est maintenant spécialiste du cancer dans un hôpital de Bristol.
Il travaille en France depuis 13 ans et a permis d'éviter un drame...
Deux navigateurs français sauvés par la Marine portugaise, au milieu d'une mer déchainée, sur un bateau prêt à sombrer
Oui, mais non. Angelina veut adopter mais pas Brad. Suspens !!!!!
Depuis deux jours on nous bassine avec ça, alors que c'est le budget sécurité qui a été revu à la baisse
Voilà un projet culturel de première ampleur, qui devrait mériter le respect et l'attention du chef de l'Etat. Mais ça doit manquer de Rolex.
Le jeune pilote est mort des suites de son accident













































