Ces derniers jours, un terrible scandale a éclaboussé la classe politique britannique, jusqu’aux membres du gouvernement de sa majesté. Le Daily Telegraph a révélé les innombrables abus constatés sur la perception des notes de frais par les parlementaires et ministres.
Ainsi David Chaytor aurait reçu, au titre de note de frais, 13.000 livres (14.500 euros) en remboursement d'intérêts d'un crédit immobilier déjà arrivé à échéance.
Elliot Morley, député et ancien ministre travailliste, a perçu plus de 16.000 livres dans les mêmes circonstances (18.000 euros).
Ces deux députés et ministres ont été mis à pied par Gordon Brown, soucieux de sauver, autant que possible, la réputation de son gouvernement, mais aussi de toute la classe politique. Remboursement de vacances, de maisons, d’intérêt immobiliers, et même… de poussettes pour enfants : les parlementaires ont considéré les « Communes » comme une sorte de banque à fonds perdu.
Deux observations :
1. Vive la liberté et l’indépendance de la presse britannique, qui fait un excellent travail de contre-pouvoir. Au passage, le « Guardian » est un des sites d’infos (gratuit) les plus consultés au monde. Le Daily Telegraph, souvent, surprend le pouvoir ! Sans même parler de « The Economist », symbole d’un vrai travail fouillé de journalistes !
Serait-ce possible en France, entre une presse aux ordres de quelques magnats qui l’utilisent comme outil de lobbying (Le Figaro), une presse qui s’auto-censure par habitude, culture et mauvaise foi (Le Monde), et une presse mal financée, qui n’a guère les moyens d’enquêter et qui ne pense qu’à grappiller des subventions (Libération) ?
2. Et en France, ne devrions-nous pas aussi creuser un peu ? Quid des fonds secrets en France, dont l’usage n’a toujours pas été éclairci ? Quid de l’explosion des frais de fonctionnement de l’Elysée ? Comment expliquer que le moindre journaliste accompagnant un déplacement officiel est copieusement rincé, a droit aux meilleures places d’avion et aux hôtels quatre étoiles ? Quid de l’opacité du financement, colossal, de la Questure de l’Assemblée et des 340 mètres carrés du tout nouvel appartement de fonction du Président du Sénat, Gérard Larchet (que Bakchich Info nous apprend…) ? Qui dénonce l’utilisation abusive de l’argent du contribuable ?
En France, pas de contre pouvoir pour contrôler les dépenses réelles du pouvoir et de nos élus. Les « défraiements » ne doivent pas, à mon sens, être bien éloignés en nature et en volume de ceux de leurs homologues britanniques.
Il est temps de mettre tout ça à plat : peut être serait ce là une des missions de l’Europe que de fixer des normes de « bonnes gouvernance » pour protéger l’argent des contribuables européens ?
Dans tous les cas, voici certainement une nouvelle mission pour Anticor !
Les propositions que nous avions élaborées ensemble en 2007 sont assurément toujours d’actualité !