Figurez vous que mardi après midi, ce mardi, donc le 12 mai, a eu lieu une vente aux enchères de grands
crus au Crédit Municipal.
J'en suis restée comme deux ronds de flancs. Voilà le truc : des gens gagent leurs bouteilles au Crédit Municipal. Remarquez pourquoi pas, ne possédant pas de grands crus, ni de petits crus - en fait, je n'ai pas de crus, j'achète lamentablement du vin au supermarché, et chez un caviste quand je veux faire un cadeau, c'est dire - et tentant de ne pas faire de dettes - encore plus nouille, les plus grands financiers de la planète jouent à si je t'attrappe avec nos sous, et ont mis la planète en faillite, pendant que moi j'essaie de ne pas être en découvert, petite, mais alors PETITE joueuse, micro joueuse, même enfin - bref, je connais, finalement, mal le problème.
Peut-être que je devrais demander à Pierre-Henri, si ça tombe, son oncle Jean -Albert (c'est une licence poétique, il n'a, à ma connaissance, pas d'oncle Jean -Albert) vide subrepticement sa cave, collectionnée par son père, pour assouvir une passion coupable pour les timbres postes ou le poker. On même pour payer ses factures. Si ça tombe, Jean -Albert, il avait filé ses sous à Madof, et maintenant, il gage son Mouton Rotschild pour acheter sa purée saucisse.
Le journaliste nous informe que les clients habituels du Crédit Municipal sont des femmes qui gagent des bijoux ; mais on y trouve quelques hommes qui gagnet des bouteilles, et l'homme étant moins attaché à son vin que la femme à ses bijoux, détail psychologique extrêmement intéressant, les grands crus leurs restent sur les bras.
Revenons à la vente ; je dis Jean -Albert comme j'aurais pu dire Paul -Edouard ; en effet, d'après l'AFP, il s'est vendu du Pauillac : 6 bouteilles de Château Lafite Rothschild de 2000 pour 3.950 euros et douze bouteilles de Château Lafite Rothschild de 1998 pôur 3.150 euros. Je ne sais pas si c'est la bouteille ou le lot... Deux mois de salaire pour du vin. Argh. Mais je ne critique pas ; sauf que je m'en fous, j'aime pas le Bordeaux. Ah ah ah. J'aime que le Bourgogne. Ou le Beaujolais. En tout cas, quand on gage du Château Lafite Rotschild, on s'appelle Jean-Albert, non? (Objections bienvenues ; j'ai trouvé le commentateur du Post fréquemment prêt à la contradiction peu argumentée mais farouche : allons-y, mon kiki ; comment c'est-y qu'il se prénomme, le gageur de Château Lafite ?).
Du Saint Emilion, aussi, qu'elle dit l'AFP : 12 bouteilles de Château Ausone 1990 dans leur caisse de bois d'origine pour 3.100 euros (hors frais), 12 bouteilles de Château Cheval Blanc 1986 à 1.700 euros. J'aime bien la caisse de bois d'origine, une partie de ma bibliothèque est faite de caisse à vin. Là, ça leur fait cher de l'étagère, mais d'un autre côté, quand tu prends le bouquin et que tu vois la caisse, tu te sens tout drôle... C'est autre chose que l'étagère en agglo du suédois. ça sent la France, ça madame.
Bon, et les Bourgogne alors? un Mathusalem Le Montrachet 2005 a atteint 1.300 euros, trois bouteilles de Vosne Romanée 1er cru 2003 sont parties à 720 euros. 720 euros, mais c'est carrément raisonnable, dis donc. Je vais aller regarder mon Codevi dans le blanc des yeux et lui dire : mon vieux, vu la crise, et si qu'on picolait? Mais chic, bien sûr.
Les Sancerre ont été boudé, dit l'AFP : boudé !! le Sancerre ; ça se boude, du Sancerre? Boudé, ça veut dire moins cher? excusez ma trivialité, je ne pense qu'à l'argent. Avec un peu de bol, je peux en acheter une? mais après, je n'oserai pas la boire...
Bon, je vais me rabattre sur le Chablis, petitement. Acheté au supermarché.
Marrant, ça me fait penser à un roman de Louise de Vilmorin, Madame de, et c'est aussi pour ça que j'imagine des Paul-Edouard vidant leur cave... Madame de est une femme de la bourgeoisie, au début du siècle, qui vend un bijou que son mari lui a offert pour payer ses dettes. Une chose en entraînant une autre, elle se met dans une situation intenable qui causera sa mort...
Il paraît qu'ils ont encore du stock au Crédit Municipal. Pour ne pas louper la prochaine vente, le site.