Je suis tombé sur la scène par hasard ce soir.
Une dizaine de policiers à un carrefour de couloirs du métro à la station "Stalingrad".
Apparemment il s'agit de contrôles d'identité "au faciès", à la tête du client quoi, qui touchent - allez savoir pourquoi - les personnes à la peau un peu plus sombre que la normale. IL FAUT SAVOIR QUE CE TYPE DE CONTROLE EST ILLEGAL, sans motif valable : à vérifier sur ce site gouvernemental.
Je m'arrête quelques instants pour écouter, mais pas trop. Un autre passant qui lit son journal et écoute les policiers à quelques mètres voit surgir vers lui une jeune femme flic, qui lui demande : "vous attendez quelqu'un ? / Oui / bon d'accord." sur un ton très agressif.
En parlant d'agressivité, son collègue qui interroge un homme hilare, apparemment non francophone, n'est pas mal non plus : "Tu vas parler français, parce qu'ici on est en France !" je n'entends pas la fin du dialogue.
La femme flic de tout à l'heure, à son tour, arrête une jeune femme noire, aux longs cheveux. Elle est accompagnée d'une autre femme noire qui proteste - sans doute parce qu'elles n'ont rien fait de mal ! La première des deux femmes ne parle pas français non plus, c'est je crois une Espagnole en visite chez sa famille. La femme flic n'a rien à envier à l'argumentation imparable de son collègue : "Ici on parle français parce qu'on est en France !" dit suffisamment fort pour que plusieurs passants du métro se retournent.
Pendant ce temps les deux femmes noires appréhendées pour le contrôle ont montré des papiers en règle et peuvent repartir. La jeune femme flic, qui leur a aussi fait subir une fouille superficielle sur tout leur corps, n'a pas l'air soulagée.
Voilà ce qu'on voit dans les couloirs du métro parisien à une heure de pointe. Je n'ose imaginer ce qui se passe dans les commissariats à huis clos. Charb l'a sans doute illustré dans ce dessin d'actualité que je reproduis pour l'occasion :

A-t-il complètement tort ?