Une fois n'est pas coutume, c'est à la lecture de la petite note du camarade Birenbaum ce matin que j'ai eu la révélation des révélations.
Moi aussi, j'ai un truc grave à dire sur Orelsan.
Un autre chanteur sévit dans le même registre depuis plus de quarante ans. Comme Orelsan et ses chansons vieilles de deux ans, moi aussi j'ai débusqué sur des sites de partage de videos en ligne des chansons attentatoires à la dignité des femmes et tout le bastringue et son train comme disait mon parrain qui s'y connaissait en femmes.
Je lance donc un appel solennel. Arrêtons cet Orelsan d'antan qui sévit impunément depuis si longtemps.
Avec ça:
Pour ceux qui n'auraient pas écouté jusqu'au bout, je retranscris ici le passage clé, sans commentaires...
"J'ai envie de violer des femmes
De les forcer à m'admirer
Envie de boire toutes leurs larmes
Et de disparaître en fumée"
Et ce n'est pas tout, car il a aussi chanté ça:
Là encore, les passages clés ici:
"Je veux l'épouser pour un soir
Mettre le feu à sa mémoire
L'épuiser d'amour et disparaître dans la nuit
Comme un voleur comme un bandit
Je veux l'épouser pour un soir
Et l'oublier un peu plus tard"
C'est y pas le comble du machisme ça? Séduire une pôv' fille et se tirer après?
et encore ce passage:
"Je voudrais aimer une enfant
Qui me ressemblerait un peu
Qui saignerait du même sang
Qui brûlerait du même feu
Oh je voudrais aimer une enfant
Pour quelques heures de plaisir
La prendre un soir à ses parents
Et dans mes bras la voir dormir"
Terrible non? Un enfant! volée à ses parents pour quelques heures de plaisir! Monstrueux non? Que fait le juge Burgaud?
Et ça n'est pas tout; il a aussi chanté ça:
Chanson qui fait l'apologie du voyeurisme machiste:
"Cette année-là
J'avais posé les yeux sur la croupe incendiaire
De ma professeur de droit
Elle avait mis le feu en moi
J'avais avalé la lumière
J'aurais aimé la terre entière"
Insoutenable non?
Et pour finir, le chef d'oeuvre... La synthèse absolue, la perfection suprême en matière de machisme arrogant et de phallocratie triomphante visant à avilir les femmes, ça:
Tout est féminimement insupportable dans cette chanson... Tout... notamment:
"Une maîtresse Messaline
Et contremaîtresse à l'usine
Faire le matin les abattoirs
Et dans la soirée le trottoir
(...)
Mais femme à l'atour contrôlé
Galonnée jusqu'au porte-jarretelles
Et au stewart rouler des pelles
(...)
S'installer à la Présidence
Et de là faire bander la France
(...)
Une strip-teaseuse à corps perdu
Emmerdeuse comme on en fait plus
(...)
Sexy comm'autrefois les stars
Etre un général d'infanterie
Rouler des patins aux conscrits"
A ce stade de ma présentation d'un dossier accablant; cent fois, mille fois, cent mille fois plus accablant que celui d'Orelsan, je m'interroge. Comment ce chanteur monstrueux a t-il pu sévir en tout anonymat depuis si longtemps? Comment a-t-il pu échapper au MLF, aux chiennes de garde, à Pluri-Elles, à SOS Sexisme, aux Elu/es Contre les Violences faites aux Femmes, à La Marche Mondiale des Femmes,et à la nouvelle ministre Valérie Létard?
Et pourtant, toutes ces chansons sont en ligne sur internet, en accès libre!
Alors vite! Ami-e-s féminist-e-s! Mobilison-s nou-s! Demandons des sanction-s- contre ce Michel Sardou sorti d'on ne sait où!
PS, destiné à ceux qui ont la comprenette difficilette:
1/ j'adore Sardou...
2/ ... d'ailleurs, en comparaison des textes de Sardou, ceux des chansons d'Orelsan sont affligeants...
3/ ...mais chacun ses goûts en fait... Si on aime pas Orelsan, on écoute pas...
4/ ... Pour le reste, le débat de fond, les grandes idées, tout ça, lisez le Birenbaum du jour...
à 20h51 PS2: Pour ceux qui ont la comprenette très très difficilette:
La lecture de certaines réactions à ce Post m'apprend que certains n'en n'ont pas tout à fait compris le sens. Donc j'explique: En faisant mine de m'en prendre à Sardou, je me gausse des associations diverses et variées qui s'en prennent à Orelsan. J'utilise donc Sardou (que j'aime) pour démontrer que si on commence à faire la chasse à tous ceux qui ont mis en scène dans leurs chansons des personnages peu recommandables tenant des propos terribles, on a pas fini... Voilà... C'est pourtant pas compliqué non?