Je ne suis pas très doué dans les matières économiques. Les banques, la bourse, la crise, les stock-options, les parachutes dorés, le gros pognon, etc., ne sont pas du tout mon élément naturel.
C'est donc avec modestie, naïveté et une grande prudence que je veux évoquer avec vous les déboires des patrons de la Société Générale...

Alors, vous savez qu'hier, contraints et forcés, les pauvres dirigeants de cette banque ont dû renoncer à "exercer" leurs stocks-options.
Forcément, dans le climat, l'annonce, mercredi dernier, de l’attribution de stock-options à plusieurs dirigeants (notamment 70.000 stock-options au président Daniel Bouton et 150.000 au directeur général Frédéric Oudéa) n'était pas très bien "passée".
Sous la pression du gouvernement et des syndicats, les quatre mousquetaires de la Société Générale ont donc accepté, vendredi, de ne pas "exercer" leurs stock-options, c’est-à-dire de ne pas les convertir en actions... Tant que l’établissement continuerait à bénéficier de l’aide de l’Etat, qui lui a déjà prêté 1,7 milliard d’euros.
C'était un bel effort déjà.
Mais dimanche, sur Europe 1, Christine Lagarde a été plus loin.
Elle exigé que les dirigeants "renoncent à l’attribution" de ces stock-options et ne se contentent pas de renoncer à les convertir en actions.
Elle a même ajouté, "il serait grand temps que Société Générale rime un peu plus avec intérêt général".
Alors, du coup, les quatre ont pris leur plus belle plume et ils ont écrit une jolie lettre aux gentils salariés, dans laquelle ils promettent ce qui suit... : "Pour couper court aux polémiques actuelles, nous avons décidé de renoncer au bénéfice de l’attribution de ces stock-options et en avons informé le conseil d’administration"...
Sympas...
Forcément, vous me connaissez, moi, toujours le coeur sur la main, ça m'a inquiété, pour eux, de les savoir soudainement dans le besoin.
J'en étais là de mes réflexions sur le dur métier de banquier, lorsque un document est arrivé par mégarde dans ma boîte à lettres.
Oh ! Rien de secret.
Pas un truc tombé d'un camion...
Un document totalement public et accessible à tous.
Il s'agit, justement, du "Document de référence 2009" - on dit comme ça - de nos amis de la Société Générale...

Oui, je sais, c'est moche, mais ce n'est pas prévu pour ce format...
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Alors, pour ceux qui ont beaucoup de courage, le gros document est ici dans son intégralité.
Bonne lecture
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Eh bien, moi, de lire ce truc, ça m'a fait un bien fou !!!
J'étais bigrement inquiet, vous l'avez compris, pour les patrons de la Société Générale, privés autoritairement de leurs stocks-options, comme des moins que rien !
Eh bien, je suis rassuré.
D'après ce que je comprends, avec ma vue basse, tout va encore très bien - très très très bien même...- pour nos amis, les mandataires sociaux de la Société Générale...
Voici une capture de la page 293 du document...

SI je comprends bien ce 32,93 M EUR - mais je peux me tromper...- ils se partageront, quand même, 32,93 millions d'euros, en "pensions, retraites ou autres avantages" !
Elle est pas belle la vie ?
Cette bonne nouvelle, totalement accessible à tous, je le rappelle, se trouve, je le répète, à la page 293 du document que vous avez en lien ci-dessus.
Je crois surtout piger - reprenez moi, encore, si je me goure... - que ces 32,93 millions d'euros, à diviser par six (je ne suis pas tout à fait sûr que les deux administrateurs élus par les salariés auront droit à un aussi joli pactole que MM. Bouton, Oudéa, Cabannes et Alix), sont déjà provisionnés.
Quoi qu'il arrive donc.
Voilà qui me rassure pleinement pour nos amis.
Si j'ai bien suivi, ils n'ont pas tout perdu.
À suivre ? 
Note de la rédaction du Post :
Contactée par la rédaction, la Société Générale nous livre ses explications sur l'affectation de ces 32,93 millions d'euros :
"C'est la valeur actualisée d'une vingtaine d'années de retraite basée sur une estimation de leur espérance de vie. Ce montant ne correspond pas à un versement unique mais sera étalée tout le long de leur retraite et peut faire l'objet d'une réversion s'ils décèdent avant leur conjoint. D'où ce montant de provisions - calculé conformément à la réglementation comptable. Les mêmes règles sont appliquées par toutes les entreprises cotées en bourse."
En clair, c'est la somme que Société Générale met de côté aujourd'hui pour ces six personnes, en estimant qu'ils seront pendant 20 ans à la retraite.
A titre purement indicatif, nous nous sommes livrés à un petit calcul. En considérant que chacun ait la même part du gâteau, donc 32,93 millions pour 6, ça fait environ 5,49 millions par tête de pipe. Pendant 20 ans et donc 240 mois, chacun recevra donc 22.868 euros par mois.