Sur Le Post, le journaliste de Télématin, et la directrice artisitique du théâtre des Blancs Manteaux donnent chacun leur version des faits.
Fauteuil roulant
© Walter Hodges/CORBIS/Walter Hodges
Frédéric Zeitoun, chroniqueur musical de
Télématin sur France 2 voulait
réaliser, le 7 mars, un reportage sur la chanteuse Caroline
Loeb, nous apprend le
Canard Enchaîné de cette semaine.
La direction du Théâtre des Blancs Manteaux, dans le 4ème arrondissement de Paris, a jugé "le journaliste indésirable", continue l'hebdomadaire. Motif: il se déplace en fauteuil roulant.
La directrice artistitique du théâtre se défend: "Si un incendie se déclenchait, il était mort". (lire l'interview plus bas).
Que s'est-il réellement passé? Quelles sont les versions des deux parties concernées?
Frédéric Zeitoun, chroniqueur musical à
Télématin.
Sur Le Post, Frédéric Zeïtoun, le journaliste de France 2 raconte sa mésaventure qu'il juge "inaceptable".
Que s'est-il passé samedi dernier?
"Cette histoire est innacceptable. Comme je le fais plusieurs fois par semaine, je me suis rendu dans un théâtre pour faire mon travail. Je suis chroniqueur pour
Télématin et je réalise souvent des reportages. Cette fois-ci, nous préparions un reportage sur Caroline Loeb qui se produit au théatre "Les Blancs Manteaux". Nous avions réalisé le jour même une interview de Caroline chez l'un de ses amis, et nous avions convenu que nous serions présents le soir au théâtre des Blancs Manteaux."
Vous étiez informé que le théâtre n'était pas accessible aux personnes handicapées?
"Bien sûr, mais vous savez, si j'allais uniquement dans les théâtres accessibles aux personnes handicapées, je pourrais arrêter de travailler demain."
Que s'est-il passé concrêtement?
"Une fois que je suis arrivé sur place, mon équipe m'a aidé à descendre au sous-sol, là où le spectacle avait lieu. Mais un monsieur (le directeur du théâtre ndlr) m'a dit que je ne pouvais pas rentrer. J'ai cru que c'était une blague car il était tellement odieux que je ne pouvais pas croire qu'il était sérieux. Je lui ai expliqué que je venais faire un reportage et que cela leur permettait d'avoir un peu de promo mais il m'a tout simplement répondu 'Je n'ai rien contre les handicapés mais vous ne pouvez pas accéder à la salle' et comme je ne me suis pas laissé faire, il m'a insulté, il m'a notamment dit que je me la racontais parce que j'étais journaliste. Je leur ai dit qu'ils allaient entendre parler de moi puis nous sommes repartis."
Caroline Loeb a-t-elle été informée de cette histoire?
"Oui, elle m'a rappelé lundi et m'a dit qu'elle était scandalisée par ce qu'il s'était passé."
Mais à partir du moment où le théâtre est inaccessible, peut-être les responsables du théâtres ont-ils voulu assurer votre sécurité?
"Une fois que j'étais en bas, devant la porte, je n'étais pas plus en danger que les autres."
Allez-vous faire quelque chose contre le théâtre juridiquement?
"Je ne sais pas encore, j'y réfléchis. Ce qui est sûr, c'est que je ne vais pas en rester là. Moi qui suis paraplégique depuis la naissance, je me suis mis dans la peau d'une personne qui devient paraplégique du jour au lendemain et qui est confrontée à tant de haine, et je ne souhaite cette expérience à personne.
Sur Le Post, Pascale Courtin, directrice artistique du théâtre des Blancs Manteaux répond: "Notre théâtre n'est pas accessible aux personnes handicapées, nous ne pouvions pas mettre en danger la vie de ce monsieur. Si un incendie se déclenchait, il était mort. Si le directeur du théâtre avait eu un contrôle, il aurait perdu sa licence et nous aurions dû fermer notre salle."
"En outre, nous n'avons même pas été prévenus de sa venue donc nous n'avons rien pu faire. Et je tiens à préciser que notre théâtre est aux normes, car la loi n'oblige pas les salles de moins de 100 places à être accessibles aux personnes handicapées. Notre théâtre est tellement petit qu'il nous serait impossible de le rendre accessible. Nous avons demandé à l'attaché de presse de Caroline Loeb d'envoyer des excuses à Frédéric Zeïtoun, mais il ne l'a pas fait."
Sur Le Post, Jean-Pierre Dambois, l'attaché de presse de Caroline Loeb raconte: "Frédéric m'a appelé samedi, il était à moitié en larmes. Quand il m'a raconté cette histoire, les bras m'en sont tombés. C'est la première fois que je vois ça, on en entend parler à la télé, à la radio mais on s'en rend pas compte. Quand ça nous touche directement, c'est très violent. En outre, Frédéric Zeitoun travaille depuis longtemps avec des théâtres et il n'a jamais eu de problème comme cela. En outre, je tiens à préciser que le théâtre ne m'a jamais demandé de m'excuser puisque je ne travaille pas. Au delà de tout cela, c'est dommage pour Caroline Loeb qui devait avoir un reportage sur
France 2 et qui n'en bénéficiera pas."