Commentaire partie (1/2):
Alors bien sur, les réactions fusent, et déjà, les réponses à l'emporte-pièce se délient car nous sommes - après tout - sur Internet.
En premier lieu, et pour calmer les plus lapidaires, je ne supporte pas la censure. Mais immédiatement après, il convient de bien considérer le contexte dans lequel s'inscrit cette affaire, et de ne pas seulement raisonner du haut de son mirador.
Taschen est une boite d'édition d'art(s), qu ne compte visiblement pas sur la polémique pour se développer. Certains diront qu'en temps de crise, c'est après tout dommage, et qu'un coup de pub pareil n'aurait peut-être pas fait de mal dans un secteur de l'édition qui n'est sans doute pas celui qui connaît à priori de gros volumes de ventes.
D'autres diront que c'est scandaleux de constater que si les éditeurs d'art(s) se mettent à reculer au gré des risques encourus dans ce type d'affaires potentielles, plus aucun artiste dérangeant ne sera édité à terme. C'est déjà plus juste, et c'est un argument auquel je ne suis pas insensible du tout.
Par contre, justement, Taschen est un éditeur d'art(s). A ce titre, serait-il dans son rôle en publiant cette photo ? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de se demander si cette publication servirait où non le propos de l'artiste. Et pour se faire, il faut avant tout considérer la diffusion du livre.
Dans le cadre d'une exposition, l'œuvre est présentée en galerie. L'entrée est libre, mais le cadre de présentation est lui, bien défini et explicité. Dans le cas d'un livre, il reste indispensable de considérer où il sera possible de se le procurer. Ceux d'un éditeur comme Taschen sont simplement disponibles... partout, laissant la plupart du temps l'individu qui se saisit d'un exemplaire du livre seul devant l'interprétation qu'il pourra bien faire de l'œuvre Et dans le cas présent, est-ce approprié ? Je ne le crois pas et je vais tenter de m'en expliquer.