Sur Le Post, la blogueuse qui incarnait la jeune garde du MoDem explique qu'elle ne quitte pas le parti de Bayrou par dépit.
Quitterie Delmas.
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Dimanche, le
Modem a présenté ses têtes de liste pour les
élections européennes. Objectif pour l'élection de juin: ne pas revivre les revers des élections législatives de 2007 et municipales de 2008 et maintenir la crédibilité de
François Bayrou dans l'optique de 2012.
En reconduisant
Marielle de Sarnez,
Jean-Luc Bennahmias,
Corinne Lepage et le dernier venu Jean-François Kahn (fondateur de Marianne), le MoDem a misé sur la notoriété de ses têtes de liste. Quitte à être accusé de ne pas jouer la carte du renouvellement. Exit Azouz Begag, l'ancien secrétaire d'Etat de Dominique de Villepin.
Quitterie Delmas, blogueuse dynamique du parti, incarnation de la rénovation à la mode Bayrou, ne sera pas non plus tête de liste aux européennes.
Sur Le Post, Quitterie Delmas explique pourquoi elle n'a pas été désignée comme tête de liste, les raisons de son départ du MoDem et annonce qu'elle veut "sortir du jeu politique".
Pourquoi avez-vous quitté le MoDem?
"Simplement parce qu'après une longue réflexion personnelle, alors que, oui, je pouvais être candidate du MoDem aux européennes -et ça peut paraître fou de refuser une investiture à mon âge- j'ai décidé de renoncer à la politique partisane. Mon chemin n'était plus d'essayer de changer le système de l'intérieur. Dorénavant, j'ai envie de passer à autre chose. Réfléchir, prendre du recul par rapport à la politique telle qu'on la voit aujourd'hui, essayer de trouver une autre manière d'aborder l'action publique. Je sais, c'est un peu le saut dans le vide, l'inconnu..."
Envisagez-vous de créer un nouveau parti?
"Non, une des réponses à la crise politique et démocratique ne se fera pas en créant un énième parti. Les mêmes causes produiront inévitablement les mêmes effets."
Avez-vous été contactée par le staff de Ségolène Royal, comme l'affirme Christophe Ginisty sur son
blog?
"Ginisty fait partie des gens qui sont dans l'ancien schéma politique. Si on part, c'est pour se vendre ailleurs. Un peu trop 'Amour, Gloire et beauté' à mon goût. Évidemment que j'ai des contacts avec des personnes dans d'autres partis. C'est le principe même des rencontres via la
République des blogs, sur Internet, Facebook. C'est d'ailleurs ce qui a fait exploser les frontières partisanes, en dessous des directions des partis qui se livrent une guerre sans merci."
"Les adhérents de la base se parlent de plus en plus... Nous sommes souvent plus proches entre nous que des élus qui nous représentent, paradoxal, non ? En tout les cas, il me semble avoir été claire: après le MoDem, les partis, pour moi c'est fini ! Je ne suis pas à vendre. Je trouve ces logiques d'encartage dépassées et inadaptées à notre siècle. Au 20ème siècle, vous vous mariiez avec une entreprise, un parti pour 25 ans. Aujourd'hui, il faut sans cesse innover, repenser, inventer. Tout s'est accéléré."
Qu'est-ce qui vous irrite dans la politique partisane?
"L'incapacité des partis à anticiper et innover, à faire émerger des gens nouveaux porteurs de solutions, ils sont paralysés par les enjeux électoraux. Il y a aussi un immense problème d'exemplarité de la part des partis qui donnent des leçons à tout le monde, mais qui ne se réforment pas eux-même."
"La crise va être sans précédent, il faut radicalement changer notre façon de trouver des solutions concrètes. Nous sommes à un tel stade de déliquescence de l'image de la classe politique qui a beaucoup dit, tout et son contraire et peu réalisé, qu'il faut se désormais penser à trouver de nouveaux moyens d'action."
Quels nouveaux moyens d'action?
"Il faut sortir des logiques traditionnelles et encourager l'émergence de la société civile. Les initiatives concrètes. Il y a du potentiel en s'appuyant sur les gens plutôt que sur les institutions, des entrepreneurs, des associatifs, des chercheurs, des étudiants, en se servant d'Internet...Toutes les connexions existent déjà depuis
la République des blogs."
"Beaucoup de gens sont investis, éparpillés chacun dans leur coin. Ces gens ne se rendent pas compte qu'ils sont intéressés par les mêmes thématiques, les mêmes enjeux... Si ces gens se rassemblaient, cela pourrait être une force énorme. D'autres repères vont émerger. Il faut les inventer. La question, c'est comment on concrétise cela? Si je veux continuer à m'engager pour mon pays, il faut que je reste à la base de l'engagement citoyen."