Sur Le Post, Areva reproche à France 3 d'avoir présenté son reportage sur les déchets des mines d'uranium, avant d'avoir recueilli sa position. La chaîne riposte.
Sur Le Post, Areva reproche à France 3 d'avoir présenté son reportage sur les déchets des mines d'uranium, avant d'avoir recueilli sa position. La chaîne riposte.
En pleine polémique sur le second réacteur EPR, c'est à un sujet très sensible que s'attaque le prochain numéro de "Pièces à Convictions": les déchets issus des mines d'uranium. Comme à son habitude, le magazine comportera des enquêtes avec des plateaux animés par Elise Lucet. L'un des faits exposés par le reportage est le fait que des mines françaises n'étant plus en activité depuis longtemps pourraient encore être dangereuses.
Une dépêche de l'AFP présentant le reportage de France 3 et publiée jeudi n'a pas ravi Areva. Car l'émission doit être diffusée le 11 février prochain, et Areva devait s'exprimer ce vendredi devant les caméras de France 3. Du coup, l'entreprise estime "surprenant, voire contraire à la déontologie, que son point de vue soit présupposé et rendu public avant même qu'il ne se soit exprimé", relaie Arrêt sur Images.
Dans un communiqué, Areva affirme avoir saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Alors que le reportage juge les mines dangereuses, la dépêche dit: "Areva (ex-Cogema) soutient le contraire, estimant extrêmement improbable l'hypothèse d'une exposition prolongée évoquée par l'émission. Sa présidente,
Anne Lauvergeon, n'a pas souhaité apparaître dans l'émission et a laissé à un
porte-parole le soin de répondre à Elise Lucet lors du débat prévu sur le
plateau."
Lionel de Coninck, le rédacteur en chef de "Pièces à conviction" répond quant à lui qu"il ne s'agit en aucun cas de présupposer ce qui va être dit dans l'émission". En outre, il précise que le sujet est "basé" sur ce que dit Areva depuis des dizaines d'années sur le sujet. "S'ils ont changé d'opinion, nous le ferons savoir au public.
Sur Le Post Areva s'explique: "Nous avons saisi le CSA car nous estimons que cette pratique n'est pas déontologique. Pourquoi présenter notre position alors que le tournage n'est même pas fini? Si France 3 avait décidé de parler de cette émission lundi prochain une fois le tournage fini, nous n'aurions rien dit, mais de là à étaler notre position sur la place publique avant même de la connaître, cette pratique n'est pas correcte."
Sur Le Post, France 3 riposte: "Cette réaction témoigne d'une inquiétude d'Areva. Le plateau a été enregistré comme convenu ce vendredi après-midi et ça s'est très bien passé. Les enquêtes que nous réalisons sont sérieuses. Nous travaillons sur ce sujet depuis juin 2008 et nous avons contacté Areva rapidement pour leur proposer un plateau, car bien évidemment l'émission ne pouvait pas se faire sans eux".
"Effectivement, nous abordons des sujets délicats mais ce sont des faits et non des suppositions. Par exemple, dans le reportage, on apprend qu'à Gueugnon en Saône-et-Loire, des déchets provenant d'une ancienne mine ont été utilisés comme sol pour un terrain de foot, ainsi que pour le parking et pour d'autres endroits aux alentours. En outre, dans une autre ville, un parcours de santé a été aménagé sur une ancienne mine."
Joint par Le Post, le CSA précise "nous n'agissons qu'a posteriori, ce qui signifie que le reportage sera de toute façon diffusé.
Rendez-vous le 11 février pour juger sur pièces...