Dans son "édition spéciale", la rédaction de Canal + s'est intéressée à cette affaire de rumeur concernant la mort de Flavie Flament.
Au Post.fr, c'est un débat qui nous passionne. Pourquoi? Parce que nous avons justement été exemplaires dans cette affaire!
Pour vous aider à comprendre et pour en débattre, j'ai démêlé le vrai du faux dans ce dossier que l'on peut considérer comme un véritable cas d'école.
1. Le Post a-t-il relayé une rumeur sur la mort de Flavie Flament?
FAUX.
Que s'est-il passé? Jeudi 22 janvier, 11h30, sur sa page personnelle, hébergée sur Le Post.fr, un internaute publie un texte dans lequel il s'interroge sur une rumeur qui circule sur Internet concernant la mort de Flavie Flament: "C'est la rumeur du moment. Flavie Flament serait décédée d'une overdose médicamenteuse, hier." Et d'ajouter qu'il n'a trouvé "aucune vraie source sur ce fait". "Peut-être qu'à nous tous", conclut-il, " nous pourrons savoir si cette rumeur est vraie, et si elle ne l'est pas, d'où vient-elle?"
Comme on peut le constater, à aucun moment, le posteur n'annonce que l'animatrice est morte, il met d'ailleurs clairement en doute la rumeur qu'il vient de découvrir sur un blog. Et décide d'interroger la communauté.
Cependant, par précaution, lorsque la rédaction est alertée par l'équipe de modération, elle décide de retirer ce post, afin de ne pas amplifier une rumeur.
A 14h30, le post n'est plus sur le site.
Le lendemain, après enquête, la rédaction publie un article qui dément la rumeur et explique comment elle s'est propagée.
2. Sur Internet tout va très vite, une info publiée par un amateur peut buzzer en quelques minutes?
VRAI ET FAUX. En l'occurrence, dans ce cas précis, c'est faux. Les journalistes de Canal+, qui n'ont visiblement qu'une connaissance superficielle d'Internet, n'ont pas compris les mécanismes de la viralité de l'info sur Internet. Pour qu'une info buzze, il faut souvent un certain temps. Il faut que le contenu passe par ce que l'on appelle un connecteur: un blogueur puissant, un relais influent sur un réseau social (Twitter ou Facebook par exemple), ou un média. Ce qui n'a pas été le cas. Perdu dans les profondeurs de la plateforme du Post.fr, sans aucune mise en avant de notre part, l'article de notre internaute a été vu par une dizaine de personnes avant d'être retiré. Il n'a donc pas pas eu le temps de remonter en bonne position dans les moteurs de recherche.

Flavie Flament
3. Flavie Flament a découvert cet article sur Internet et décidé d'attaquer Le Post?
FAUX. C'est la rédaction du Post.fr qui a prévenu Flavie Flament après avoir modéré le contenu. A la suite de quoi son avocat, Roland Perez (qui est également l'avocat de la société de Jean-Marc Morandini), a annoncé, dans un communiqué de presse que l'animatrice avait porté plainte contre Le Post.fr. A l'heure actuelle, nous n'avons d'ailleurs reçu aucune plainte.
(Mise à jour 07/09: Flavie Flament a finalement porté plainte contre le Post. Par jugement rendu le 18 juin 2009, le tribunal a débouté Flavie Flament de toutes ses demandes et l'a condamnée à payer au Post 2000 € au titre de l'article 700 du Code de procédure pénale)
4. Le Post a amplifié cette rumeur ?
FAUX. Flavie Flament peut remercier Le Post, puisque c'est par l'intermédiaire de notre journaliste qu'elle a été prévenue. Et c'est grâce à notre enquête que la rumeur a été stoppée et démentie. Car ce n'est pas du Post.fr qu'est partie la rumeur, mais d'un blog hébergé sur le site gayattitude.com. Et c'est parce que nous avons alerté le propriétaire de ce site amateur que la fausse information a été retirée.
5. C'est bien connu, tout le monde raconte n'importe quoi sur Internet?
VRAI ET FAUX. Sur Internet, tout le monde peut publier ce qu'il veut. Mais la plupart des plateformes qui hébergent les blogs ou les vidéos possèdent un service de modération. Parfois, elles n'en n'ont pas, et ne modèrent que si elles sont alertées. Ce système existe depuis toujours sur Le Post.fr. La rédaction a mis en place un double système de filtrage des informations. Un service de modération scanne tous les articles et les commentaires postés sur la plateforme. Mais nous bénéficions en plus d'une équipe de journalistes, formée à la vérification sur Internet, qui a pour mission de vérifier et d'enquêter sur les informations envoyées par les internautes.
6. Le Post.fr, c'est comme Wikipedia, il y a de fausses informations qui circulent?
FAUX. Sur le site participatif Wikipedia, on a longtemps considéré que, comme sur le Web, la communauté s'autorégulait. Et que, dès qu'une fausse info était postée, quelqu'un venait la corriger. Ce n'est malheureusement plus vrai. D'autant que plus un site est populaire et puissant, plus il peut être l'objet d'attaques malveillantes. C'est la raison pour laquelle le fondateur de Wikipedia s'est
résigné à préconiser la mise en place une
équipe de modération. Laquelle existe déjà depuis longtemps sur Le Post.fr.
Je n'ai jamais cru au web purement participatif. Ce que l'on appelle le web2.0, né en 2004, c'est l'ultralibéralisme de l'information. Tout peut être dit, le pire comme bien sûr le meilleur. Du coup, c'est le chaos. Dans cet univers dérégulé, le Post apporte au contraire une mécanique puissante de vérification et de validation des informations, parfois excellentes, envoyées par la communauté.
Alors, oui, la rumeur circule sur Internet, mais elle s'arrête sur Le Post.fr.
C'est ainsi que nous avons pu démonter un certain nombre de rumeurs et de fausses informations, lesquelles avaient parfois même été relayées sans vérification par les médias traditionnels!
7. Des médias attaquent Le Post.fr parce qu'il dérange et laisse la parole aux internautes?
A VOUS DE JUGER... Depuis 1 an, Le Post.fr accompagne et encadre les citoyens dans la production d'informations. Et alors que d'aucuns criaient que les gens n'avaient rien à dire et que leur production était nulle, nous avons prouvé que, quand elle était animée par des journalistes, la communauté était capable de produire des contenus de qualité. Un exemple? Lorsque, début janvier, France 2 relaie une vidéo qui circule sur
Internet, sans aucune vérification, et l'attribue aux bombardements israéliens, c'est grâce à la vigilance d'un internaute membre du Post que la rédaction a pu révéler que
cette vidéo était une intox. La chaîne publique a dû s'en excuser dans son édition le lendemain...
Les médias traditionnels n'ont pas à avoir peur de la communauté des internautes. Passionnés d'information, ces derniers sont capables de dénoncer des erreurs, comme celle de France 2 avec Gaza, ce qui est sain pour une démocratie. Le Post.fr va plus loin en montrant que la communauté apporte aussi des informations.
Benoît RAPHAËL, rédacteur en chef du Post.fr