Liza Lo Bartolo Bardin est née à Douai, dans le Nord. une ch'ti jusqu'en 1966 où elle rejoint le Vaucluse dans le Sud Est, à Cavaillon et Avignon puis vit quelque temps sur Aix-en-Provence, puis dans les Hautes Alpes à Embrun et enfin à Noyal Pontivy dans le Morbihan ! Ses centres d'intérêt lecture, écriture, photo, aquarelle, théâtre, musique, Internet.
Un livre pas comme les autres. Un cri, une interrogation anxieuse, une révolte douloureuse, une âme sensible et éprouvée face au silence et à l'impuissance, un message d'amour à la Vie que nous livre l'écrivain et poète Liza Lo Bartolo Bardin. Elle est en la compagnie froide et impitoyable de la Souffrance, l'univers silencieux et impersonnel des hommes en blanc qui ne comprennent pas, multiplient les examens. En Juin 2005, Liza apprend sans ménagement qu'elle est atteinte d'une maladie rare, dite orpheline. Liza Lo Bartolo Bardin ne fait pas partie de ces femmes qui s'apitoient sur leur sort, « DITES-MOI QUE JE REVE ! » c'est le message d'espérance délivré par une pionnière, une passionnée de la vie.
Frédérique Aufrère : Bonjour Liza merci d’avoir accepté cette entrevue pour tous les lecteurs de Mille Poètes Editions à l’occasion de la sortie de votre livre « Dites-moi que je rêve ! ». Il est la suite du premier livre intitulé "Ma poly-dermatomyosite, je préfère en rire". Ecrire est-ce pour vous un gros travail quotidien épuisant ?
Liza Lo Bartolo Bardin : Quotidien, oui, épuisant, non ! Au contraire, c’est une véritable détente, une bulle d’oxygène pour alléger mes journées ou mes nuits.
Frédérique A : L’angoisse de la page blanche la connaissez-vous ?
Liza Lo B B : Actuellement, je dois avouer que oui. J’ai un gros projet entamé depuis plus de 6 mois, et je traîne un peu ces derniers temps. Sans doute à cause de la fatigue accumulée, du souci de ce qui m’attend, etc… Sinon, l’inspiration est toujours là qui m’entraîne vers d’autres horizons… plus oniriques, poétiques.
Frédérique A : Peut-on dire qu’à travers le clavier vous vous sentez un peu soulagée ?
Liza Lo B B : On dit souvent que l’écriture est thérapeutique. J’écris depuis toujours. J’ai commencé très jeune, et alors je n’avais pas les mêmes soucis de santé qu’aujourd’hui. Pourtant le plaisir reste le même. Ce n’est pas tant un soulagement physique que le clavier m’apporte, mais un apaisement, celui de me donner à penser que je fais quelque chose d’utile pour les autres.
Frédérique A : Quand on a une maladie si lourde et handicapante on arrive toujours à donner un sens à son existence ?
Liza Lo B B : Plus que jamais ! Je ne m’isole pas ! Au contraire ! Depuis que j’ai appris le diagnostic je me suis lancée à la recherche des autres, de ceux qui pouvaient me comprendre, connaissant le même sort. Et alors le partage et l’échange ont commencé. Pas un jour sans des nouvelles de l’un, de l’autre, de tous ceux qui m’ont fait signe à travers le blog (Théâtre Ma Vie) et qui m’ont généreusement apporté leur témoignage. Tous ces témoignages qui viennent informer et encourager. Comme j’ai une fréquence moyenne de visites de plus de 200 personnes par jour, oui par jour, je reçois énormément de courrier. J’ai donc tout un travail de correspondance en plus à gérer. Mais la qualité des échanges fait que je suis largement récompensée de cette affluence de soutiens !
Frédérique A : le fait de souffrir constamment vous empêche-t-il de profiter des joies de la vie ou justement vous les prenez toutes ?
Liza Lo B B : Quand on s’attend au pire, on n’est jamais déçu, alors la vie devient plus précieuse, plus belle ! Je sais profiter des moindres moments de bonheur qui passent. J’ai de la chance d’être bien entourée. Tout un réseau d’amis fidèles et aimants sont là pour m’apporter de vrais moments de chaleur humaine et je ris beaucoup grâce à eux ! J’ai gardé un cœur d’enfant qui s’émerveille de tout ! Je suis très bon public !
Frédérique A : Ecrire pour vous est-ce une sorte de survie ou une nouvelle façon de communiquer ?
Liza Lo B B : Ni l’un ni l’autre. Je ne survis pas : je vis, tant bien que mal, car je sais tirer profit du moindre petit bonheur. Je ne m’estime pas la plus malheureuse du monde. Il y a bien pire comme situation. J’explique cela dans mon livre… Quant à la communication, c’est primordial pour moi. C’est le moyen de partager, d’apporter soutien ou encouragement à ceux qui en ont besoin. Une porte ouverte vers une humanité chaleureuse pour dire : tu n’es pas seule, il y a quelqu’un qui te comprend et qui sait de quoi tu souffres.
Frédérique A : La vie est un peu comme une course on accélère, on ralentit, dans votre maladie qu’est- ce qui vous angoisse le plus ?
Liza Lo B B : De ne plus pouvoir bouger ! Moi qui étais sportive, dynamique, à vivre trois vies en une, je me sens déjà bien amoindrie… Et de m’imaginer dépendante est la pire des choses. Souffrir aussi est mon angoisse. La souffrance qui ne trouve pas de répit.
Frédérique A : A la fin de ce livre, vous insérez les témoignages de plusieurs de vos compagnons d’infortune comme vous dites, cela vous apporte-t-il un réconfort, un partage, moins de solitude ?
Liza Lo B B : C’était pour le premier volet (ma polydermatomyosite, je préfère en rire) que j’avais inséré les témoignages à la fin du livre. Cette fois-ci, dans DITES MOI QUE JE REVE, je les ai insérés dans l’ordre chronologique de réception. Il est évident que je ne publie que les témoignages les plus encourageants, les plus édifiants. Ces livres ont été écrits, ne l’oublions pas, surtout pour informer et encourager.
Frédérique A :Qu’est ce qui peut vous agacer dans le regard des autres qui ne connaissent pas votre maladie ?
Liza Lo B B : C’est quand on me dit : tu as bonne mine pour quelqu’un de malade ! Evidemment, la souffrance n’est pas toujours visible. Et c’est tant mieux ! La fatigue, elle, est perçue par ceux qui me connaissent bien. En compagnie, je suis toujours souriante, je ris facilement… je ne me plains pas. A quoi bon miner l’ambiance ? Personne ne supporte la misère ou le chagrin. Pour se faire aimer, il faut être beau, en bonne santé et toujours joyeux. Ma joie de vivre m’aide à communiquer et je peux très bien expliquer la difficulté de ma pathologie sans tomber dans le pathos ! ha ha !
Frédérique A : Après une hospitalisation reprenez-vous vite l’écriture pour oublier ?
Liza Lo B B : Je ne reprends pas l’écriture, je la poursuis : j’emmène mon ordinateur portatif avec moi, alors je n’arrête pas d’écrire.
Frédérique A : Quels sont les sujets sur lesquels vous aimez écrire, et ceux que vous aimeriez ?
Liza Lo B B : C’est surtout la fiction, le fantastique qui m’attire. Les légendes… Mais l’histoire aussi. L’histoire, j’aime beaucoup la romancer.
Frédérique A : Vous rendez-vous dans des manifestations, lesquelles ?
Liza Lo B B : Toutes celles où on me permet de m’asseoir sur mon relax. C’est-à-dire que finalement, je vais partout ! Rien ne m’arrête ! J’aime beaucoup participer aux salons du livre ou dédicaces, cela me permet de rencontrer mes lecteurs. Et puis, je ne suis pas encore complètement impotente !!! (rires)) Je marche encore, lentement, mais sûrement, et sans béquilles ! Alors TOUT VA BIEN ! Je m’allonge dans mon relax dès que la fatigue musculaire m’empêche de rester debout, c’est tout !
Frédérique A : Liza je vous remercie chaleureusement pour avoir participé à cette entrevue, avez-vous un prochain projet d’écriture ?
Liza Lo B B : Plusieurs... mais je préfère conserver le suspens ! Je vais encore mettre à profit ma prochaine hospitalisation (mi-janvier) pour remplir quelques pages d’écriture. Merci Frédérique pour la qualité de vos questions.
______________________________
Dites-moi que je rêve !
de Liza Lo Bartolo Bardin
Entrevue de Frédérique Aufrere
pour les éditions Mille Poètes