La guerre entre ceux qui dirigent le
PS (Aubry, Delanoë, Hamon...) et le camp Royal, qui ne fait pas partie des instances dirigeantes du parti, a repris de plus belle ce lundi.
La journée a commencé avec deux attaques venues des partisans de
Ségolène Royal. Julien Dray a estimé que
"le texte d'orientation est nul", alors que
Vincent Peillon le voit comme "
une régression intellectuelle", tout en revendiquant le droit de critique au sein du PS. Cela a suscité la réaction du nouveau porte-parole du PS,
Benoît Hamon, qui
a appelé les lieutenants de
Ségolène Royal à se taire.
Sur Le Post, François Rebsamen, qui fait partie des lieutenants de Ségolène Royal, regrette que son camp ne soit pas représenté à la direction du PS.

Que répondez-vous à Benoît Hamon, qui souhaite que les critiques du camp Royal contre la direction du parti cessent?
"Qu'il ne faut pas renverser les responsabilités! Ceux qui font du mal au PS, ce sont ceux qui refusent le rassemblement et qui ont instauré une forme d'ostracisme à notre égard. C'est facile de sa part de dire 'Game over'..."
Pourquoi aucun royaliste n'a intégré les instances dirigeantes du parti?
"Parce que
Martine Aubry n'a pas assumé le rassemblement qui était pourtant son devoir. Elle nous a proposé trois postes sur 38, ce n'est pas comme ça que l'on forme un rassemblement. D'ailleurs, ses 38 secrétaires nationaux ressemblent à une armée mexicaine..."
"Elle, et ceux qui l'entourent, ont fait preuve d'un mépris total à notre encontre. Ils ont manqué de respect aux militants de la motion E [celle de Ségolène Royal et de Gérard Collomb, ndlr]. Le point qui a le plus irrité nos camarades: nous n'avons même pas eu le temps de débattre au Conseil national. De plus, ils nous ont transmis le texte d'orientation au dernier moment, avec une version qui n'était pas définitive... [
Vincent Peillon a même remarqué qu'il
y a des fautes d'orthographe sur ce texte, ndlr]"
Tous les ponts sont donc coupés entre votre camp et la direction du PS...
"'La porte est fermée', comme dirait Vincent Peillon. Mais il n'est jamais trop tard pour rassembler. Ils seront obligés de rassembler. Le PS ne peut pas fonctionner comme cela, coupé en deux. On veut que Martine Aubry s'émancipe et porte l'intérêt général du parti."
Désormais, quelle stratégie allez-vous adopter pour vous faire entendre?
"On prendra toute notre place dans les débats internes. On sera présent. On va continuer de porter nos idées. Comme on ne peut pas s'exprimer à l'intérieur du PS, on va le faire à l'extérieur. Je souhaitais le contraire mais c'est comme ça..."
N'est-ce pas un mal pour un bien pour Ségolène Royal, qui peut complètement assumer sa stratégie d'autonomie, à l'écart du PS?
"Être en dehors du PS n'était pas le but de Ségolène Royal. Elle s'y retrouve contrainte et forcée. Tout au long du congrès, elle a prouvé qu'elle était et qu'elle voulait être dans le PS. En tout cas, elle est toujours autant combative..."