Ca y est, c'est officiel, le congrès de Reims est pire que le congrès de Rennes... et est un échec retentissant !
Le seul élément certain de ce congrès est que la décision finale appartient aux militants... Mais quels sont les enjeux de ce vote ? Que portent Ségolène Royal, Benoît Hamon et Martine Aubry ? Quelles images du PS incarnent-ils?
Martine Aubry, Benoît Hamon et Ségolène Royal
1. Ségolène Royal place les militants au cœur du PS
Samedi, Ségolène Royal a fait une proposition pour trancher
le (faux) débat qui a animé tout le congrès de
Reims, la question des alliances, en appelé aux militants !
"Entre nous, sommes nous donc si faibles, si apeurés que la seule idée d'une alliance - d'une alliance éventuelle dans 3 ans - nous jette en dehors de nous même alors que certains des plus enflammés la pratique déjà chez eux ?"
Bertrand, je ‘ai entendu tout à l'heure, je ne doute pas de ta sincérité sur la question du refus des alliances avec le centre, et j'aimerais te répondre devant tous, en toute transparence, et puisque tu as appelé au compromis - le compromis c'est que chacun fasse un pas- voilà la proposition que nous feront devant ma commission des résolutions, il y aura une consultation directe des militants sur la question des alliances. »
(Ségolène Royal, LCP-AN, 15/11/2008, partie de son discours sur les alliances)
Par ailleurs dimanche, Ségolène Royal a rappelé un des points clés de sa motion quant à sa vision du PS :
ouvrir le parti,
notamment aux jeunes qui sont venus voter à la présidentielle. Pour favoriser cette ouverture, une cotisation modique sera mise en place mais surtout
les militants auront un vrai rôle à jouer au sein du PS, ils seront placés au cœur du principal parti de la gauche française grâce notamment à
l'organisation d'un forum global sur le G20.
(Ségolène Royal, France 2, 16/11/2008)
2. Benoît Hamon, un PS à gauche
Benoît Hamon est resté fidèle à son projet lors de ce congrès. Il s'est battu sur la ligne politique que sa motion avait fixée :
ancrage à gauche, rénovation, rajeunissement du parti.
Sur la question des alliances, il déclare «L'alliance avec le Modem est dangereuse. Il veut interdire les déficits publics, c'est-à-dire interdire toute forme de relance. (...) Nous ne pouvons pas gouverner avec un premier ministre libéral!»
Autre point sur lequel Hamon insiste: la diversité et le renouvellement.
«Si Obama avait été Français, il aurait dû vieillir de 15 ans» avant de pouvoir être candidat.
«Il faut montrer patte blanche dans le paysage politique français, au sens propre comme au figuré!» «Le mécanisme de sélection des élites n'a plus grand chose à voir avec l'idéal républicain.»
Il a par ailleurs dénoncé un front TSS (Tous sauf Ségolène) a l'issu de la commission des résolutions.
(Benoit Hamon, Rue 89, 16/11/2008 à l'issue de la commission des resolutions)
3. Martine Aubry ou la défense de l'appareil
L'équipe de Martine Aubry et la maire de Lilleelle-même ont
défendu l'appareil socialiste tel qu'il existe actuellement. L'effet symptomatique de cela : lors de la proposition de Ségolène Royal de faire voter les militants quant à la question des alliances, elle lui a donné une fin de non recevoir :
«C'est un conseil national, un congrès qui peut le faire.» Le respect du parti et de ses instances, toujours.
Par ailleurs, comme le rapporte le site de
Médiapart, dans son récit
du Congrès de Reims, le député Daniel Goldberg, soutien de Martine Aubry, aurait préféré que le scrutin de désignation du premier secrétaire par les militants n'existe pas:
«Si nous n'avions pas introduit cette élection directe du premier secrétaire, nous aurions été forcés de trouver un accord hier soir et de prendre nos responsabilités. Il faudra revenir sur cette présidentialisation du parti et supprimer cette élection.»
(Martine Aubry, LCP-AN de Reims, 16/11/2008)
Jeudi ou vendredi prochain, on sera -enfin- quelle image du PS aura été choisie par les militants socialistes !