Je suis un BondManiac depuis 1979, vous voilà prévenus, j'ai tous les 007 en édition Ultime, je vais les racheter en Blu-Ray et je ne considère pas que Roger Moore a fait du mauvais boulot. J'ai lu les romans, aussi, deux fois chacun.
Tout ça pour dire que je vais être d'une mauvaise foi absolue, il n'y a pire critique que l'adorateur de 007 quand il s'y met. Ne lisez pas ce billet si vous n'avez pas vu le film : SPOILERS.
Mon meilleur Bond: Au service secret de sa majesté. 1969
Mon pire Bond : L'Homme au Pistolet d'Or. 1974
007 raisons d'aimer Quantum Of Solace.
1 Daniel Craig, Daniel Craig, Daniel Craig : foudroyant, explosif, impeccable (nu ou en Tom Ford), majestueux, illuminant, sculptural, impressionnant : James Bond était Sean Connery, James Blonde Bond est devenu Daniel Craig, point barre.
2 Le méchant de l'histoire est joué par Mathieu Almaric, ridicule petite chose mal peignée qui devient une teigne sans limites physiques lorsqu'il s'agit de défendre sa peau. Prestation parfaite pour un acteur pas forcément évident dans le rôle.
3 Les Bond Girls! Rien que le nom me fait rire: Strawberry Fields pour la plus jeune (qui meurt à la Goldfinger) et une Olga Machinchose bien crédible avec son accent latino, fragile et forte, pour un rôle entièrement repompé sur celui de Carole Bouquet dans Rien que pour vos yeux.

4 L'action non-stop du début à la fin (mal filmée parfois, Jason Bourne est hélas passé par là, les scènes ne sont pas toutes compréhensibles) mais pas gratuite, pas débile, justifiée et plausible. Un peu trop de meurtres? James apprend la vie et son métier. Un peu trop de poursuites? Franchement, elles ne durent pas longtemps et sont toutes superbes. Les décors? Sublimes et variés, nous bougeons sans arrêt d'un coin du globe à un autre.
5 Une histoire contemporaine : depuis quinze ans, 007 est résolument moderne, il ne combat plus un méchant qui cherche à détruire stupidement l'humanité mais précède régulièrement l'actualité en effleurant de vrais problèmes de fonds: le contrôle de l'Or Noir dans les Balkans (1998- Le monde ne suffit pas), les tycoons des médias qui font et défont les gouvernements (1996- Demain ne meurt jamais), le contrôle de l'eau courante, le nouvel or noir de demain (2008- Quantum of Solace) ou la menace nucléaire en Corée du Nord (2002- Meurs un autre jour). Un bon Bond vous parle d'un problème deux ans avant qu'il n'éclate.
6 Une réalisation mêlant effets spéciaux, vrais cascades et chorégraphie, lumière + son pour un spectacle total, nous laissant sans voix au terme des 1h45, durée parfaite pour un film (Casino Royale était un poil trop long). Exemple ci-contre, ne regardez pas cette scène si vous n'avez pas vu le film...
007 : N'écoutez pas les critiques, OUI chaque dollar est à l'écran, comme depuis 1962, que ce soit dans une production de la Tosca bigger than life ou un hôtel moderne soi-disant construit au Chili. Oui, le 007 rend hommage au passé (par deux fois: Goldfinger et Licence to Kill) en oubliant certains codes, mais pas les plus vitaux. Ok, il n'y a plus de gadgets stupides (qui les regrette? Ils masquaient les trous dans le scénario, quand Bond ne pouvait se sortir seul d'une situation sans deus ex machina), Ok, il n'y a plus Moneypenny (normal, Bond est sur le terrain, occupé à survivre) mais il y a M, son boss, pour un temps de présence jouissif et pleinement satisfaisant: les dialogues entre eux sont au millimètre, quel bonheur de retrouver Dame Judi Drench. Et oui, la dernière image du film rassure le Bondomaniac: on n'a pas oublié l'essentiel...
Un défaut : la chanson du générique, nulle.
Excellent cru, merci les scénaristes.