"Silvio Berlusconi a été élu avec 20 millions de votes. Comptent-ils moins que l'avis des magistrats?".
C'est aujourd'hui la ligne de défense d'Angelino Alfano, non pas avocat du "Cavaliere" mais ministre de la Justice ayant donné son nom au récent "Lodo Alfano" assurant l'impunité aux 4 plus hauts personnages de l'état italien (Presidente della Repubblica, Presidente del Consiglio, Presidente della Camera et Presidente del Senato).
L'impunité est égale pour tous.
Alors que Giuseppe Consolo (député de Forza Italia) s'apprêtait à lancer un
nouveau "Lodo d'impunité" ad-hoc pour son client (il est aussi avocat) le récent ministre des Infrastructures Altero Matteoli, inculpé pour favoritisme (il informa un préfet de l'ouverture d'une enquete contre lui dans le cadre d'une affaire immobilière douteuse sur l'ile d'Elbe), Fabio de Pasquale, procureur de la république, a hier déclaré anticonstitutionnels plusieurs points du "Lodo Alfano" et réouvert de fait, ne serait-ce pour quelques heures, une brèche et une possibilité pour le 'Premier' d'être jugé dans l'affaire dite "Mills".
Lodo Alfano.
Cette modification à la constitution sembla ces derniers mois, jusqu'à son imposition grace au consentement du Président de la République Giorgio Napolitano, la première priorité du gouvernement "Berlusconi 3": Tout d'abord sauver Silvio Berlusconi des griffes des "juges rouges", lui permettant ainsi de "travailler en paix", lui qui "n'a pas le temps de jouir de certaines de ses propriétés", et plus sérieusement "donner une majeure stabilité au pays". Antonio Di Pietro (Italia dei Valori), ancien juge connu pendant le cataclysme politique de l'affaire "Mains propres" et tout à fait opposé à ce "Lodo" avait déjà engagé récemment une procédure afin qu'il soit soumis au vote par référendum populaire.
Pourquoi protéger Silvio Berlusconi?
Rappelons que l'accusation est celle de corruption de témoin. Silvio Berlusconi aurait versé 400.000 livres sterling à l'avocat anglais David Mills afin de bénéficier de deux faux témoignages dans des affaires impliquant ses sociétés Fininvest/Mediaset. Le procès, suspendu pour Silvio Berlusconi avec possible prescription de fait via l'application du "Lodo Alfano" fut défini "un complot communiste" par les pairs du Cavaliere.
Sources: Il Corriere della Sera, La Repubblica, L'Unità
Illustration: Staino (L'Unità)
« Êtes-vous sûrs qu'elle a été écrite en 1947 cette constitution? Elle semble avoir été faite contre moi »