La rédaction de France 24 a été secouée par le licenciement du directeur de l'information et d'un rédacteur en chef. Sur Le Post, la présidente de l'intersyndicale de la chaîne explique pourquoi.
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La semaine dernière, l'affaire
a secoué toute la rédaction de France 24: Grégoire Deniau et Bertrand Coq, respectivement directeur de l'information et rédacteur en chef, ont été mis à pied à un jour d'intervalle.
Dans la presse, les titres laissaient penser à des licenciements plus ou moins justifiés (surtout que Bertrand Coq est l'auteur d'un livre critique sur Bernard Kouchner, mari de
Christine Ockrent... en 1993).
Reprise en main musclée
à France 24 pour
Le
Point,
France 24, deux mises à pied
pour une mise au pas pour
Marianne2.fr
La rédaction en chef de
France 24 décapitée pour
Rue
89.
Christine Ockrent coupe les
têtes à France 24 pour
Le
Point
Christine Ockrent, directrice générale de France Monde, qui gère pour l"instant
RFI et
TV5 Monde et qui doit prochainement intégrer
France 24, a réagi dans un mail envoyé à Renaud Revel. Le journaliste de l'
Express a publié
le mail dans son intégralité sur son
blog dont voici un extrait:
"Je ne mets jamais les pieds à
France 24, je ne me mêle pas de la vie de la rédaction, je ne m'en occupe pas. (...) Je n'ai jamais rencontré ni discuté professionnellement avec Grégoire Deniau. Je ne l'ai jamais croisé dans l'exercice de ses fonctions. La dernier fois que je l'ai embrassé, c'était dans la cour des Invalides, lors des funérailles de son père. Jean-François Deniau était mon ami, c'est en sa mémoire que je tiens à la vérité sur cette affaire."
Jointe par Le Post, la collaboratrice de Christine Ockrent explique les licenciements: "Pour Bertrand Coq, la procédure était engagée depuis longtemps pour harcèlement dans le cadre de ses fonctions. Quand j'entends dire dans la presse que ces problèmes de harcèlement s'étaient tassés depuis un an, c'est faux. Les dernières plaintes remontent à juillet dernier."
"Quant à Grégoire Deniau, il a été mis à pied pour plusieurs faits dont le fait d'avoir autorisé un débat sur le 11 septembre alors que sa direction s'y était opposée. Ensuite, il a affirmé avoir dit à ses équipes qu'il ne fallait pas traiter ce débat ce que les journalistes de la chaîne ont contesté."
Sur Le Post, Myriam Mascarello, déléguée SNJ et membre de l'intersyndicale de France 24, explique que la rédaction "ne croit pas au motif de licenciement pour Grégoire Deniau".
Comment la rédaction a-t-elle réagi à la mise à pied d'une partie de la direction?
"Le 16 septembre, Bertrand Coq est mis à pied pour harcèlement. Ce que nous ne contestons pas. Le 17 septembre, c'est au tour de Grégoire Deniau mis à pied pour l'organisation constestée d'un débat sur le 11 septembre."
"Avant toute chose, il faut savoir que ce sont tous deux de très bons amis, ils fonctionnent en binôme. Tout le monde sait que Bertrand Coq est le bras droit de Grégoire Deniau. D'ailleurs, quand le premier a été licencié, on s'est tous demandé ce qu'il allait advenir de Grégoire Deniau. Nous avons eu la réponse le lendemain.
La rédaction soutient-elle Grégoire Deniau et Bertrand Coq?
"Ce sont vraiment deux histoires complètement différentes. Ce que nous souhaitons c'est être soudés, unis car nous voulons que
France 24 fonctionne. La rédaction a surtout été surprise par la brutalité de l'annonce de la mise à pied de Grégoire Deniau: il aurait été prévenu par téléphone. Certains journalistes soutiennent vraiment Grégoire Deniau, parce qu'il a mis en avant le reportage à France 24: grâce à lui, les reporters et JRI ont pu faire le tour du monde, et quand on est journaliste, le terrain, c'est devenu tellement rare que tout le monde l'a remercié pour cela."
Quelle est l'ambiance au sein de la rédaction?
"La peur s'est emparée de la rédaction car elle ne croit pas aux motifs de licenciement. Nous savons que ce n'est pas que pour le débat sur le 11 septembre que Grégoire Deniau a été mis à pied. On ne vire pas un directeur de la publication pour cela. Pour autant, ce n'est pas un martyr. Ses méthodes de management de la rédaction ont été contestées à maintes reprises. Et en marge de tout cela, il y a des jeux politiques, il ne faut pas se leurrer."
Pourtant, Christine Ockrent affirme n'avoir jamais mis les pieds à France 24...
"C'est vrai, parce que c'est normal, elle n'a rien à y faire.
France 24 n'est pas encore dans
France Monde. Une chose est sûre, pour que nous soyons crédibles, pour que nous puissions au moins essayer de rivaliser avec des chaînes comme
CNN, la
BBC ou
Al Jaazira, il faut que nous soyons indépendants, et pour nous ces licenciements montrent que cette indépendance pourrait être menacée."