Dimanche 21 Septembre 2008
Hortefeux l'Africain
Cette semaine, Brice Hortefeux a mis le cap sur l'Afrique. Bénin, Gabon et Guinée équatoriale étaient au programme du ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale. But de cette tournée sur le continent noir, expliquer la politique de la France en matière de flux migratoires, afin de préparer au mieux la prochaine conférence euro-africaine consacrée à ce brûlant sujet.
J'ai sélectionné quelques extraits savoureux de cet excellent article, signé Christel deTaddeo:
(Intro)
Avant de descendre de l'avion, il a épinglé la décoration au revers de sa veste. "Ce sont des petits détails qui montrent qu'on ne les prend pas pour des ploucs", murmure Brice Hortefeux, fier commandeur de l'Ordre national du Bénin
(au Gabon)
Dans l'antichambre, quelques revues traînent sur une table, à côté de brochures d'information sur les cancers de la prostate et du col de l'utérus. Les portraits des douze gouverneurs de feu l'Afrique-Equatoriale Française s'étalent sur un mur. La nouvelle ministre des Affaires étrangères, Laure Olga Gondjout, aimerait comprendre pourquoi une diplomate gabonaise n'a pas obtenu les visas qu'elle avait demandés pour ses enfants adoptifs. Bongo, lui, souhaite une aide française pour améliorer l'état civil gabonais, et une dérogation pour sa fille, étudiante en France.
(en partance pour la Guinée équatoriale)
Dans cette "démocrature", un quart de la population est issue de l'immigration. Et, en décembre dernier, une chasse à l'étranger - Camerounais et Nigérians - avait été lancée par la population et les forces de l'ordre. Dans l'avion, le ministre compulse ses notes et peste nerveusement contre la pluie: "Je ne vais pas pouvoir mettre ma veste coloniale!"
(arrivé à Malabo)
"Nous voulons solliciter une assistance et des conseils sur l'organisation d'une politique d'immigration, et des formations, notamment pour la police des frontières, explique le cousin-ministre de l'Intérieur. On demande beaucoup, mais comme dit le proverbe: 'Qui ne pleure pas ne peut pas manger.'" Brice Hortefeux n'en revient pas: voilà un gouvernement africain qui tient un discours identique au sien sur la nécessité de réguler les flux migratoires, et prône la tolérance zéro pour l'immigration illégale. "Quand je vais rentrer en France, je vais proposer à Nicolas Sarkozy qu'il vous nomme ministre de l'Immigration!" Les Guinéens rient poliment. Mais s'esclaffent carrément quand Hortefeux leur explique que la France aide financièrement les expulsés "pour leur permettre de ne pas repartir humiliés".
(le lendemain matin, sous une pluie diluvienne, précise Christel de Taddeo)
"La colonisation a fait beaucoup de bien mais a eu aussi des effets pervers. Vous vous rendez compte qu'ils consomment principalement du riz alors qu'ils n'en produisent pas, tout ça parce que nous, Français, voulions leur vendre notre riz indochinois!"
(au Bénin)
Une plantureuse Miss Bénin claque la bise au ministre et lui glisse....
Et puis non tiens, si vous voulez savoir ce qu'elle lui a glissé, claquez cliquez sur ce visage: