Sur Le Post, le vigile qui avait affirmé s'être fait traiter de "sale noir" dénonce la plainte déposée contre lui par son ancien employeur...
En se levant le 26 avril dernier, Pierre-Damien Kitenge n'imaginait surement pas que cette journée bouleverserait sa vie, et pour longtemps.
Ce jour-là, ce vigile d'un supermarché Carrefour raconte qu'il a été traité
de
"sale noir" et "sans papiers" par Gautier Béranger, l'adjoint du secrétaire général du ministère de l'Immigration. Il porte plainte, une polémique éclate, SOS-
Racisme s'engage à ses côtés... Mais en juillet l'affaire est classée sans suite par le parquet de Créteil
Mais l'histoire n'est pour autant pas terminée, loin de là: Pierre-Damien Kitenge, dans une interview au magazine Entrevue, a dénoncé des "pressions" de la part de sa direction, sur lui et sur d'autres employés du magasin.... Ce jeudi, Guy Birenbaum révèle sur
Le Post que
Carrefour poursuit
en justice
son ancien agent de sécurité et le magazine pour "atteinte à l'honneur et à la considération" de la marque. Dans cette plainte qui date de juillet, le groupe de grande distribution demande 114.000 euros au vigile et au magazine.
Sur Le Post, Pierre-Damien Kitenge et son avocat font part de leur indignation.
Pierre-Damien Kitenge (capture d'écran d'une vidéo du Bondy Blog)
"C'est terrible à vivre" confie Pierre Damien Kitenge, sans emploi depuis le 4 juillet. Il ne voit pas le bout de cette histoire. Pour son avocat, Me Patrick Klugman, l'ancien vigile est "un homme meurtri qui a subi des pressions mais n'a pas courbé l'échine". "Il se retrouve dans une situation des plus précaires alors qu'il aurait pu gagner beaucoup à se rétracter, à faire machine arrière."
L'agent de sécurité est "choqué, indigné" par l'assignation déposée par Carrefour. Son avocat estime lui que les propos de son client ne sont pas diffamatoires et s'interroge sur réelles motivations de la
société: "Si Carrefour avait été attaché au principe de réparation de son image, ils demanderaient un euro symbolique et la publication d'un communiqué en couverture d'
Entrevue" (ce dernier point fait partie des réclamations de la société, ndlr).
L'avocat du vigile ne mâche pas ses mots: il estime que son client a tout perdu, qu'il ne pourrait absolument pas payer les dommages et intérêts demandés: "C'est une peine de mort financière."
"Pourquoi Carrefour se croit-il autorisé à écraser cet homme, à l'annihiler?", demande-t-il.
Contacté par la rédaction du Post, Carrefour estime qu'il s'agissait à l'origine d'"une affaire entre deux personnes privées", instrumentalisés par certains. Carrefour est choqué par sa mise en cause et a déposé cette assignation car "les accusations de racisme et d'entraves à la
justice sont trop graves", une question de principe donc.