Le call back incite les personnes à rappeler des numéros surtaxés... Cette technique fait toujours des victimes.

Certains numéros commençant par 08 peuvent être surtaxés.
D.R.
Plusieurs personnes se plaignent d'être appelées par des numéros commençant par 08. La technique s'appelle le
call back. Le principe est simple: un système informatique appelle différents numéros... et ne laisse sonner qu'une seule fois. Les usagers n'ont évidemment pas le temps de répondre. Il ne reste comme trace de cet appel qu'un numéro commençant par 08. Intrigué, l'usager rappelle ce numéro.
Sur
Giiks.com, qui avait déjà
sorti cette affaire fin 2006, on peut lire de nombreux commentaires d'utilisateurs de portables irrités:
Laurean s'offusque: "Depuis quelques jours le 0899XXXX a repris son activité sur ma ligne. Entre ça et les SMS qui disent que j'ai un message de Marie consultable par un biais plutôt louche, je me demande comment s'en sortent les personnes dites 'vulnérables'..."
Titoune s'énerve carrément: "Là, c'est la goutte d'eau qui fait deborder le vase!!! Apres les multiples sms du genre 'vous avez gagné', 'untel vous a envoyé un cadeau', 'Stéphanie vous a envoyé sa photo', et le sublissime 'on s'est rencontré hier tu devais me rappeler, tiens je te redonne mon numero 0899...' Voilà qu'ils me bipent carrément!!! JE CROIS QUE j'hallucine."
Et lorsque l'on appelle ces numéros, l'usager tombe sur différents services. Ca peut être une voix féminine qui vous accueille. Elle vous prévient que "cet appel est facturé 1,34 euro puis 0.34 euro la minute". Et c'est... un numéro rose!
Le plus intéressant, c'est lorsque l'utilisateur utlise un
annuaire inversé, il s'aperçoit que ce numéro est hébergé par un opérateur de téléphonie mobile. Mais alors, que fait la police?
Joint par Le Post, Jean-François Hernandez de l'ARCEP (l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) est catégorique: "les opérateurs de téléphonie n'ont aucune responsabilité". Pire: "il y a un vide juridique à ce sujet". En effet, "l'opérateur devrait pouvoir faire appel à un comité de déontologie pour qu'il tranche ces litiges". Petit souci: "ce comité n'existe plus depuis trois ans... Et l'opérateur n'a pas le droit de couper de lui-même un de ses services puisque selon le secret des correspondances, l'opérateur n'a pas à connaître le contenu de ce qui est transporté sur ses réseaux."
C'est que l'affaire ne date pas d'hier...
Fin juillet 2007, trois personnes ont été interpellées pour avoir escroqué des centaines de milliers d'utlisateurs de téléphones mobiles.
"Les gens tombaient sur un serveur qui soit leur proposait une offre promotionnelle ne correspondant à rien, soit les invitait à participer à un jeu, soit coupait immédiatement la communication", rappelle
20 Minutes.
Seulement, les numéros appelés étaient surtaxés: "au minimum 83 centimes d'euros dont environ 40 tombaient dans les poches des escrocs". Toujours selon
20Minutes, "environ un tiers des personnes ainsi contactées ont rappelé ce numéro". Ainsi, l'
arnaque aurait rapporté aux auteurs 600 000 euros!
Alerté par les opérateurs de téléphonie mobile de cet usage extrême de 08 fin 2006, l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC) a mis fin à cette arnaque après deux ans d'enquête.
Joint par Le Post, Fabien Lang adjoint au chef de l'OCLCTIC précise: "cette affaire est toujours en cours d'instruction. Elle a été pour nous l'occasion de mettre un coup de pied dans la fourmilière et de mettre en évidence cette nouvelle problématique. Dans l'affaire de 2007, près de un million de personnes ont été touchées. Aucune plainte n'a été déposée compte tenu du très faible préjudice individuel. Cette technique du
call back existe encore aujourd'hui: nous travaillons avec les opérateurs mobiles pour endiguer le problème."
Le jugement qui sera rendu dans les mois prochains sur l'escroquerie de 2007 pourrait faire jurisprudence.