Non, répond un spécialiste. Pas beaucoup aidées, expliquent les rescapés, qui fustigent surtout le manque de renforts.
François Géré, directeur de
l'institut français d'analyse
stratégique, un centre d'études, répondait aux auditeurs d'
Europe 1 ce midi. Il nous livre quelques clefs pour mieux comprendre comment ces soldats - dont certains avaient à peine un an d'expérience - se sont retrouvés en plein coeur d'un conflit interminable.
"Ce coin d'
Afghanistan, c'est un territoire qui n'a jamais été maîtrisé par une puissance étrangère: les Britanniques s'y sont cassé les dents au XIXème siècle, les Soviétiques au XXème. C'est une
guerre de contre-guerilla. C'est très différent d'une guerre classique, et beaucoup plus méchant. C'est un affrontement permanent qui suppose un renseignement de terrain très fin."
"On n'est plus au temps de la guerre froide!"
"Les soldats du rang, engagés volontairement, sont souvent des gens jeunes. Sont-ils entraînés à la contre-guerilla? Ont-ils une bonne doctrine stratégique? Disposent-ils du matériel adapté? La réponse est non. On est plus au temps de l'intervention en Europe centrale et orientale du temps de la guerre froide! En Afghanistan en ce moment, il fait une chaleur épouvantable. Le terrain n'a rien à voir avec l'Europe: c'est une succession de vallées encaissées... Y-a-t-il eu une véritable adaptation? La réponse est non."
"Quand ils sont envoyés en opérations extérieures, les soldats touchent 10.000€/mois. Ce n'est pas une prime de risque, c'est une échelle de salaire totalement différente. On n'envoie pas n'importe qui n'importe où juste à cause de l'appât du gain. Ce sont des volontaires, pas des mercenaires!"
"On a attendu quatre heures des renforts!"
Même son de cloche dans
le Monde, où l'envoyé spécial du journal a recueilli les témoignages des soldats blessés lors de l'embuscade. L'un deux raconte qu'ils ont attendu "quatre heures" les renforts, et qu'ils étaient presque à court de munititions. "Les tirs n'ont pas cessé pendant six heures, explique un autre. Parmi les attaquants, il y avait des tireurs d'élite, ils étaient plus nombreux que nous et nous attendaient." Un dernier souligne le fait que l'embuscade était organisée de longue date: "il faut près de trois heures pour arriver au col, suffisamment de temps pour que les talibans soient prévenus par des complices de notre arrivée."
(Sources:
Europe 1,
Le Monde)
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