Je vais peut-être apparaître comme une réac aux yeux de certains posteurs, mais je vous assure que ce billet n’a pour but que d’exprimer mon inquiétude. Je précise également avant de commencer que tous les personnages mentionnés dans ce texte sont des petits blancs ‘'français de souche'’, ce qui évitera les éternels raccourcis à tendance raciste sur l’immigration, que l’on retrouve immanquablement dès que l’on parle de social.
Hier donc, je me promène sur un marché aux puces, lorsque passent devant moi une mère et son garçon, armoire à glace à casquette/jogging, environ 16 ou 17 ans. Il la poursuit en lui répétant ‘Allez quoi, 6 euros, c’est bon, file-les moi, je te les rembourserai après’. Refus répétés de Maman. Il s’énerve et d’un coup lui sort: ‘Espèce de connasse. Nique ta mère’. Aucune réaction de Maman, là où moi, si j’avais osé dire la même chose à son âge, je m’en serais pris une bonne, aller-retour, sur le coin du visage.
Mais il n’y a pas à aller aussi ‘loin’ pour observer les mêmes comportements. En face de chez moi, comme j’ai toujours du bol dans la vie, on a récemment construit des logements sociaux, réservés en bonne partie, il faut être honnête et le dire, aux ‘cas soc'’ de la ville, comme disent les jeunes. Le genre de logements que bizarrement, personne ne veut voir à côté de chez soi, mais que tout le monde plébiscite hypocritement en bonne société.
De mon appart je peux donc profiter au quotidien de mégots et crachats volant par les fenêtres, de ballets de scooters et de mobylettes à pots trafiqués, de hurlements de gosses jamais couchés avant 23h (bonjour leur équilibre) et qui slaloment entre papiers gras, canettes et crottes de chiens en jouant dans le jardin pourtant tout neuf (c’est vrai, sortir son chien jusque dans la rue ou simplement ramasser ses m****s, c’est trop dur), et, top du top, la vision de torses tout blancs, gras et tatoués sur les terrasses, quand vers 18h on commence à décapsuler les premières Heineken, jusqu’à 1h ou 2h du matin, fin des trois packs et du barbecue (alors que les feux sont strictement interdits en appart), et ce, que l’on soit en semaine ou le week-end.
Ces gens-là vivent constamment dans le bruit, musique, télé à fond, ils ont des perruches qu’on entend jusqu’au bout de la rue, ils hurlent sur leurs gosses dès que les petits font quelque chose de travers. Les ‘ta gueule’, ‘tu fais chier’ pleuvent, sans compter un type que j’ai vu une fois attraper sa femme au collet pour la fracasser contre le mur d’entrée, devant tout le monde et sans que personne ne bronche. Ils se foutent totalement du logement, car ils sont locataires, et du voisin, qui pour eux n’existe pas. D’ailleurs, ils sous-louent, et il y a notamment un T3 où vivent deux couples et leurs quatre gamins, je le sais car les deux nanas d’une trentaine d’années passent leurs journées avachies sur la terrasse en robes de chambre à attendre leurs maris (et les allocs). Ils vivent, point barre. Le reste, les autres, rien à foutre.
De quoi considérablement écoeurer les quelques couples à revenus modestes et les personnes âgées qui tentent de vivre normalement dans cette résidence, et sans emmerder personne, eux. Honnêtement, je les plains, car pour avoir la paix, moi je n’ai qu’à fermer mes fenêtres, alors qu’eux doivent subir à longueur de temps les tapages directs. Quand après cela tu dois te lever à 6h pour aller bosser…
Pourquoi je vous raconte tout cela? Parce que leurs enfants - et croyez-moi, là-dedans avec les allocs qui tombent chaque mois, il y a de quoi repeupler toute une école - leurs enfants donc, seront mes futurs élèves. Et là, ça sera très très dur d’y arriver… Que voulez-vous qu’on fasse dans de telles conditions ?
Les parents petits bourgeois peuvent être eux aussi particulièrement pénibles pour d’autres raisons, mais ceux que je viens de décrire, ce sont quasiment toujours ceux qui se permettent les remarques les plus violentes à notre encontre, dès que nous avons le malheur de punir petit chéri. C’est marrant ça, petit chéri est livré à lui-même à la maison, il n’y a aucune règle ni aucun horaire, mais à l’école il ne faudrait surtout pas le contrarier hein… Alors quand j’entends dire que les profs sont responsables de tout (bientôt de la fonte des glaciers et de la disparition des pandas), comprenez que cela me fasse doucement rire… pauvres gosses en tout cas, parce que ce sont eux les plus à plaindre !
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