C'est
Le Parisien daté du 12 mai 2008 qui le laisse penser.
Martin Hirsch, le préposé au remue-méninges sur la grande
pauvreté à refiler aux collectivités territoriales, semble découvrir les «
nouveaux pauvres » (dont certains ont au moins une quinzaine d'années d'ancienneté, voire davantage).
Le Parisien consacre sa « une » et son principal dossier à celles et ceux qui, faute de pouvoir d'achat, fouillent les poubelles en quête de produits périmés le soir devant les devantures des supérettes ou des hypers. Extrait : «
Selon nos informations, Martin Hirsch, haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et ex-président d'Emmaüs, va réunir ces prochains jours les principales associations caritatives afin de »comprendre les raisons et mesurer précisément l'ampleur«
de cette tendance inquiétante. »
Cocasse, non ? C'est pourtant simple à comprendre...
Un RMI et des aides faméliques
Qui, incapable de travailler de manière relativement « juteuse » (pour des pue-la-sueur, déjà, 10 euros de l'heure, c'est le Pérou, pour un Martin Hirsch, cela n'existe pas, de tels salaires de misère), peut, en vivant en ville, subsister avec un RMI ? D'autant que la concurrence des pompiers, des policiers, des épouses de gendarmes en quête de complément d'émoluments se fait vive : c'est vrai, cela, faire travailler au noir un militaire ou un fonctionnaire, cela rassure (en fait, c'est tout le contraire : si le boulot n'est jamais fini, ou bâclé, où se plaindre ? À la police ?). Autant prendre un-e prof qu'un-e étudiant-e pour des leçons particulières, c'est plus sûr. Et comme les profs sont de plus en plus mal payés, le boulot en classe est bâclé, on note plus sec, créant le besoin d'heures de leçons particulières... En attendant, les étudiant-e-s font les poubelles...
Des chômeurs radiés en veux-tu, en voilà...
Pour les
seniors, par ex., bénéficier ne serait-ce que de l'allocation de fins de droits, c'est vraiment coton. Et pour de très nombreuses et nombreux chômistes, tout est bon pour les radier ou les pousser vers un travail indépendant, précaire ou non. Sorti-e-s des stats, les chômistes se retrouvent au mieux au RMI, amputé dès qu'elles ou ils ont un petit quelque chose à défalquer (car les collectivités territoriales sont de plus en plus sollicitées et croulent sous les dossiers).
L'inflation minorée à l'extrême
Les modes de calcul de la cherté de la vie sont faits pour masquer la paupérisation des classes inférieures (dont les ex-classes moyennes intermédiaires). Pour beaucoup, les salaires ont fortement régressé, de
chômage en emplois précaires de moins en moins bien rétribués. Tandis que les produits de première nécessité voient leurs coûts grimper, grimper...
L'effet « faut pas se gêner, gavons-nous »
Les électrices et électeurs de Nini Narkozy Ier ayant les moyens de répercuter la hausse des prix sur d'autres ont sincèrement cru qu'il allait chercher la croissance avec les dents. D'ailleurs, s'il doublait le salaire du président (ce n'est pas 140, ni 172, mais près de 200 % de boni que le Nini Narko s'est octroyé), c'est qu'il pouvait le faire, la croissance allait suivre. Donc, les commerçants, les artisans, les dirigeants ont anticipé. Empruntant même pour montrer qu'ils savaient (faire) travailler plus pour gagner, eux, plus. S'étant dit « on va se gaver », ils n'ont pas l'intention de faire machine arrière. Et puis, l'exemple vient d'en-haut.
Ho, Hirsch hé-ho !
Martin Hirsch, même s'il ne s'octroyait pas les rémunérations d'un chiffonnier d'Emmaüs de base, sait sans doute à peu près de quoi il en retourne. Mais, là, au lieu de démissionner, il va consulter. Faire des effets d'annonce non suivis de faits, peut-être convier à se goinfrer avec lui quelques personnalités subalternes d'«
ouverture ». Pour les autres, l'ouverture, c'est la bouche ouverte. Mais pour lui, et
Fadela Amara et d'autres, c'est « après nous, le déluge ». L'essentiel est de durer et de ne pas encourir les foudres de SM Nini Narkozy Ier le Stupéfiant Bonimenteur.
Bref, réunissons donc les associations, les protagonistes. Chez Drouant, Maxim's ou au Fouquet's ? Telle est la grave question. Et l'étiquette des préséances est bien plus cruciale que la valse des étiquettes : la voiture de fonction est livrée sans, l'appartement idem.