Joint par Le Post, le porte-parole des officiers de police du SNOP, dénonce la collecte de données personnelles des témoins et plaignants.
David Barras est délégué syndical auprès du Syndicat National des Officiers de
Police (
SNOP). Il s'élève contre
"les petites cases" du nouveau logiciel "Ardoise" qui pousseront
les policiers à ficher les témoins et les plaignants
comme "transsexuels", "handicapé" ou "homosexuel". Une initiative
qui suscite de vives réactions.
Que pensez-vous de cette fonctionnalité du logiciel Ardoise?
"Cette affaire est une catastrophe! Lors d'enquêtes à caractère sexuel, on peut demander à quelqu'un qui vient de se faire violer par exemple, si elle pratique la sodomie, pour faire des prélèvement de sperme dans son anus. Pourquoi poser la même question à une personne qui vient de se faire voler son scooter! Dans le premier cas, la question est fondée. Dans le second, absolument pas!"
Le Ministère de l'Intérieur a pourtant précisé que le remplissage de ces cases n'est pas "automatique"...
"Le ministère peut dire ça alors que le logiciel n'est pas entré en service (il le sera en mai, NDLR). Mais quelques temps après, quand la
polémique sera apaisée, un chef de service va faire une note appelant les officiers à remplir ces cases."
Que vont devenir les informations contenues dans ces fichiers?
"Elles vont être conservées. Le ministère précise qu'elles pourront être effacées à la demande du plaignant une fois que la condamnation aura été prononcée dans cette affaire. Mais rendez-vous compte! Une affaire de viol met quatre ans à passer en jugement. D'ici là, une victime sera fichée comme homosexuelle, par exemple. Quand l'affaire sera finie, tout le monde aura oublié d'effacer ces données, et personne ne le fera."
Pensez-vous que les cases problématiques seront supprimées devant la polémique?
"Je ne sais pas. Il ne s'agit que de quelques lignes de script à effacer. Le choix même des intitulés de ces cases est tendancieux: pourquoi demande-t-on "permanent syndical" et pas "patron", pourquoi pas "travesti" avec "transsexuel"? J'espère que la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations) fera quelque chose!"
Joint par
le Post, le ministère de l'Intérieur
a un tout autre point de vue sur la question...
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