Le
Modem est un conte de fées, avec un super-prince charmant au milieu (ça tombe bien) des princesses, des dragons, des châteaux imprenables, etc.
Mais je suis vraiment agacé d'en entendre parler tous les jours à la radio (bon, c'est vrai je le cherche un peu puisque j'aime bien France Culture...) dans les journaux, etc.
Pas plus tard qu'aujourd'hui, comme il a rendu visite à sa candidate chérie de centre-gauche
à vélo de Paris, dans le XIVe, il se l'est joué
donneur de leçons même si au passage il a sorti
quelques conneries (merci Chloé Leprince de Rue89). Donneur de leçons, sur la
république, il sait y faire : il parle bien et le plus souvent il a raison. Bon. Soit.
Mais est-ce que ça fait de lui un sauveur ? Je le vois plus comme un Mendès France de la
politique (période après-58) : digne, pertinent mais aussi dépassé. D'ailleurs son programme me rappelle celui des républicains "opportunistes" (le mot n'est pas forcément négatif) des années... 1880 (pas le tem
ps de développer maintenant).
Mais le plus gênant, ce n'est pas le fond (je ne développe pas ici, et je sens qu'on pourrait me le reprocher) ; le plus gênant pour moi reste un geste historique qu'il n'a pas encore effacé (pas dans ma mémoire en tout cas). Le 22 avril, alors qu'on n'avait plus le choix qu'entre une
Royal malhabile et très floue il est vrai, et un
Sarkozy clair comme de l'eau de roche, alors que
même Pierre Marcelle avait décidé de
ne pas aller à la pêche,
Bayrou nous a laissés comme des cons en disant "bon ben je dis pas pour qui je vais voter". A partir de là, il porte une faute qui justifie que sa marionnette des guignols continue d'être aussi bête. Les guignols sont la mémoire de notre société politique, sur ce coup-là. Tous les journalistes semblent avoir oublié, les braves gens, non.
Et je me souviens que mes amis bayrouistes étaient bien emmerdés, eux aussi, ce soir-là. Mais depuis ils ne le sont plus vraiment, bayrouistes.
Passer à l'orange est risqué et ne sert à rien.