La ville de Guingamp, en Bretagne
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C'est quoi cette histoire?
C'est ce qui arrive à une psychologue renommé, Marie-Annick, qui a exercé un temps sur les Champs-Elysées à
Paris. Originaire de Bretagne, elle s'impose rapidement dans la profession, au point d'être considérée comme une "très bonne
psychiatre" par le gratin de la discipline à Paris. Un jour, elle soigne un agent secret (selon ses dires) pris dans une affaire sensible. Sa vie bascule : elle plonge dans un délire paranoïaque, croit qu'on a volé des dossiers médicaux dans son cabinet, et écrit une lettre à Jacques
Chirac, alors président de la République : "je suis détentrice d'un secret d'Etat. Je suis une tombe." Ensuite, elle prévient 320 sénateurs, 500 députés et 1000 avocats de cet état de fait. Son délire va plus loin, puisqu'elle commence à s'en prendre à
Guingamp, au maire et au curé.
La psychiatre en cavale
A la suite de plainte de patients, Marie-Annick est suspendue par l'ordre des médecins, puis placée en garde à vue, avant d'être enfermée dans un hôpital psychiatrique. Elle s'évade trois semaines plus tard, en passant par la fenêtre. Depuis, sa vie est devenue une longue cavale. Des centaines de
Guingampais reçoivent des courriers haineux, tous postés du bureau de poste de la rue du Louvre à Paris. Ce qui n'est pas sans conséquence. "En juillet 2004, un agent municipal a reçu des centaines de lettres, plus glauques les unes que les autres, et cela a bouleversé sa vie. Dépressive, sa femme est tombée malade. Le problème avec ce genre d'histoire, c'est que les gens pensent souvent qu'il n'y a pas de fumée sans feu", explique la procureure de la République de Guingamp. Les lettres continuent de pleuvoir, sans que les gendarmes n'arrivent à la localiser. Et pour cause : elle n'utilise ni téléphone portable ni carte bancaire depuis des mois.