En nos temps troublés, que rythment en refrain les mots attentat, guerre et bombe, l'affaire Dasquié, cet apparent fait-divers journalistique, n'est donc en rien anecdotique. Car si les citoyens sont privés de tout droit de regard, via le travail des journalistes, sur le monde du secret d'Etat, ils risquent de cautionner par méconnaissance les pires aventures. Personne, autant que je sache, n'a relevé que la récente publication, toujours sous la pression parlementaire, du rapport du Renseignement américain établissant le gel, depuis 2003, par l'Iran de son programme nucléaire militaire était accablante non seulement pour l'administration Bush, mais aussi pour nos actuels dirigeants. Ne prétendaient-ils pas le contraire, en affirmant s'appuyer, par la voix du ministre de la défense, sur des renseignements confidentiels que personne ne pouvait contrôler ?
...
Ceux qui ont réussi à faire craquer notre confrère, par un chantage au placement en détention, semblent ne connaître que le secret d'Etat, celui d'en haut, celui des puissants et des forts, des protégés et des calfeutrés. En revanche, ils regardent le secret des sources, tardivement reconnu aux journalistes par l'article 109 du Code de procédure pénale, comme un désordre ou un privilège. Et non pas comme une protection, y compris pour eux, demain, quand leur conscience civique se réveillera devant telle injustice ou telle imposture dont ils seraient témoins.
Titre de l'article:
"Affaire Dasquié : l'Etat piétine la liberté d'informer"
Je le mets ici pour répondre à un autre titre lu sur Agoravox et qui n'honnore pas ce site par ailleurs très intéressant:
Dasquié : entre amateurisme et télé-réalité ?
(je ne vous mets même pas le lien tiens!)