Reuters, nouvelle agence de désinformation en France?
Une dépêche d'agence mensongère, qui dit exactement le contraire de ce que la première personnalité de l'opposition a déclaré à la télévision.
Vous pensez que ce n'est possible pas en France?
Une dépêche d'agence mensongère rajoutant un « oui » qui n'a jamais existé à une déclaration télévisée.
Vous pensez que ce n'est possible qu'en Corée du Nord?
Une dépêche d'agence mensongère qui pour mieux faire passer le gros mensonge charcute à coup de (...) les déclarations de la première personnalité de l'opposition.
Vous pensez que ce n'est possible qu'en Russie?
Eh bien non, c'est en France que cela se passe et c'est Reuters qui est ici à l'œuvre. Une agence qui n'a pas spécialement la réputation de travailler avec les méthodes de l'Agence Tass. J'ai même cru un instant qu'il s'agissait d'une turpitude de plus de l'AFP qui a pas mal donné dans ce genre là pendant la campagne électorale.
Mais c'est aussi LeMonde.fr qui place cette dépêche en Une de son site depuis le début de l'après-midi et qui est toujours présent à 22h ce dimanche soir. Pourquoi donc? Personne n'est disponible Boulevard Blanqui pour vérifier l'information? Plus d'argent pour payer des fact checkers?
Voici l'objet du délit:
D'abord le verbatim de la réponse de Ségolène Royal à la question de Laurence Ferrari cet après-midi sur Canal+ :
Laurence Ferrari: Est-ce que vous pensez que l'on peut gagner une élection présidentielle sans avoir le parti derrière soit?
Ségolène Royal : « Je pense,et c'est une très bonne question et l'expérience vient de le montrer, qu'il faut une très grande cohérence entre une organisation politique et il faut un travail de longue haleine, il faut redevenir une force attractive pour les intellectuels, pour les experts, il y a un potentiel d'élus de terrain exceptionnel chez les Socialistes, avec des gens qui font beaucoup de choses sur le terrain et qui n'a pas beaucoup de visibilité, donc il y a aussi ce travail là à faire aussi, il faut de l'imagination, il faut beaucoup de travail, beaucoup de modestie, d'humilité, et c'est comme cela que je compte m'engager. »
Et ensuite voici ce que cela donne dans
la dépêche de Reuters de 14h47:
Royal pense pouvoir entrer à l'Elysée sans le soutien d'un parti
PARIS (Reuters) - Ségolène Royal estime qu'il est possible de gagner l'électionprésidentielle en France sans le soutien d'un parti politique.
Interrogée sur ce point dimanche, l'ancienne candidate socialiste à l'Elysée arépondu : "Je pense (que oui)".
Pour y parvenir, a-t-elle ajouté sur le plateau de Canal+, "il faut une très grande cohérence (...) un travail de longue haleine (...),beaucoup de modestie, d'humilité".
Le (que oui) a été tout simplement inventé. « Eh oui » comme dirait l'ami qui se reconnaîtra. Quant au (...) ils permettent d'occulter les propos réellement tenus par Ségolène Royal.
C'est tout simplement incroyable! Mais sic'est en France que cela se passe. C'est pourtant digne de feu l'agence Tass de mon enfance ou encore de l'actuel Korean Central News Agency de Kim Jong-il.
Que s'est-il donc passé aujourd'hui chez Reuters et au Monde.fr ?
A-t-on voulu illustrer par l'exemple le discours de Ségolène Royal sur le parti pris des médias vis-à-vis d'elle?
Pour vous faire une idée par vous-même,voici la vidéo de l'échange. La question est posée à Ségolène Royal par Laurence Ferrari à la 9ème minute (9:19) de la vidéo ci-dessous:
Ou pour les impatients une vidéo que m'envoie le blogueur Nicolas Gaborit:
EDIT - 10 Décembre 18h17
Reuters publie aujourd'hui une dépêche corrigée qui malheureusement n'aura pas la même exposition médiatique. On déplorera aussi le ton négatif et les citations à nouveau tronquées mais il y a au moins erratum.
Voici le texte de la nouvelle dépêche:
CORRECTION - - Ségolène Royal et le rôle du PS dans la course à l'Elysée
10.12.07 | 14h09
Bien lire dans notre dépêche transmise dimanche 9 décembre une correction au 2e paragraphe, à savoir omettre entre parenthèses.
Une version corrigée et actualisée suit.
PARIS (Reuters) - Ségolène Royal est restée vague dimanche sur le rôle qu'un parti politique, en l'occurrence le PS, joue pour gagner l'élection présidentielle en France.
Interrogée sur le point de savoir si on pouvait gagner une élection présidentielle "sans avoir le parti derrière soi", l'ex-candidate socialiste à l'Elysée n'a pas répondu directement et a déclaré, sur Canal+ :
"Je pense, et l'expérience vient de le montrer, qu'il faut une très grande cohérence entre l'organisation politique, c'est aussi un travail de longue haleine (...), beaucoup de modestie, d'humilité".
"C'est comme cela que je compte m'engager", a souligné Ségolène Royal, qui n'en a pas dit plus sur ses intentions dans les prochains mois, notamment sur la question de savoir si elle briguera la succession de François Hollande à la tête du PS.
"Je m'inscris à la fois dans le Parti socialiste et aussi en dehors du Parti socialiste", a-t-elle simplement ajouté.
Gilles Trequesser
http://www.lepost.fr/actu_bulle/2007/12/09/1064937_que-dit-nicolas-sarkozy-a-segolene-royal-qui-veut-acceder-a-l-elysee-sans-parti.html
http://nicolasgaborit.typepad.com/blog/2007/12/manipulation-md.html
A moins que les fautifs ne soient tout simplement durs de la feuille ou même carrément idiots !
Voir aussi l'article de Nicolas Cadène sur Agoravox http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=32754
Força
Cela va en surprendre plus d'un...
Parcourant ma ligne Twitter, ce midi, je suis tombé sur cette maxime journalistique...
Comment en quelques jours et quelques phrases, il s’est définitivement discrédité et grillé......
La ministre de l'Economie est désignée "star" de la finance de l'année par le Financial Times.
Des centaines de mails, de coups de fil attérés, de commentaires consternés... La colère gronde parmi les militants contre Vincent Peillon!
Sur BFM TV, quelques mots qui sonnent étrangement, comme si l'inconscient de Valls avait parlé...
Où comment Peillon a raté son putsch sur le courant 'L'Espoir à gauche'...
Aux US en ce moment, j'ai pris une photo, finalement très en phase avec l'actu du moment : le pass contraception proposé par Ségolène Royal.
Le gouvernement "réfléchit" à un ministère commun entre la France et l'Allemagne. On se demande bien où il a bien pu trouver cette idée......
Ségolène Royal était à Berlin ce 8 novembre...
















































