Couverture de la bande-dessinée de Guy Delisle "Chroniques birmanes"
D.R.
On a connu titre plus glamour, c'est vrai.
Mais tous les amateurs des
BD de l'auteur canadien Guy
Delisle vous le diront : ces petites cases-là ont quelque chose de plus que les autres.
Guy Delisle, c'est à chaque fois des carnets de voyages. Pyongyang en Corée du Nord (son chef d'oeuvre), où il était allé diriger une équipe d'animation, Shenzhen en Chine (un peu plus faible) et maintenant la
Birmanie avec ses
Chroniques.
Un carnet de bord fantastique
Il faut dire que quand Delisle s'est aventuré au-delà de cet exercice si particulier, la mayonnaise prend moins bien : en atteste les décevantes aventures de son inspecteur Moroni, une série policière en demi-teinte.
Chroniques Birmanes se lit comme un roman. Parti là-bas pour accompagner sa femme membre d'une ONG, Guy Delisle n'a rien à faire. Donc il observe, il dessine... et s'occupe aussi un peu de son fils!
N'attendez pas de grandes aventures, des rebondissements en pagaille. Ce livre est plus un recueil d'anecdotes sur le mode de vie des Birmans, des ONG et des expatriés. On y apprend beaucoup.
La vie des Birmans au quotidien
La dictature militaire qui a si souvent fait parler d'elle en septembre, les moines, les Birmans moyens, aucune catégorie sociale n'est épargnée par le regard incisif de Delisle qui a su rendre très drôle un portrait de ce pays écrasé sous le joug d'une des pires dictatures du monde.
On y découvre la censure, les coupures d'Internet à répétition, les Birmans 'éclairés', mais suffisamment pour s'opposer discrètement au régime, la maison d'Aung-San-Suu-Kyi dont on ne verra jamais l'occupante, assignée à résidence, le système monétaire local complètement ahurissant (les coupures sont de 15, 45 et 90 kyatt, la monnaie locale... de quoi rendre un peuple champion de calcul mental!), les chiens errants etc etc etc...
Les 250 pages filent à toute vitesse, une fois qu'on ouvre le livre. Avec un fantastique talent de conteur, Delisle raconte l'anecdote la plus banale avec un tel brio qu'on ne peut s'empêcher de sourire.
Si vous voulez vous changer les idées de
Sillage ou du dernier
XIII, ouvrez donc
Chroniques Birmanes.
PS : et en plus, c'est moins cher que quand il travaillait pour l'Association, une autre maison d'édition. Votre portefeuille gagnera 7 euros dans l'affaire.