En
grève, le président du syndicat étudiant a estimé jeudi que la rencontre avec la ministre Valérie Pécresse n'avait "pas été du tout concluante".
Le président de l'Unef, Bruno Julliard (ici en 2005)
© Jeremy Bembaron/In Visu/Corbis/Jeremy Bembaron
A l'inverse, le président des étudiants de l'UNI (syndicat étudiant de droite), Olivier Vial, s'est félicité jeudi d'avoir obtenu des "garanties" de Valérie
Pécresse que "la loi serait appliquée" et que "les recteurs allaient monter en première ligne" pour l'expliquer aux étudiants. Il a recommandé le recours aux forces de l'ordre, pensant peut-être à
l'évacuation de Rennes II.
Plus tôt jeudi, le président de la Fage était aussi positif. "On a eu une oreille attentive à nos revendications", s'est félicité Thiébaut Weber, le président de cette fédération d'associations étudiantes, qui n'est pas vraiment un syndicat et demande notamment des garanties sur la gestion des fonds privés et les contrôles de leur utilisation.
Mais ces appels ne devraient pas changer la mobilisation. Car aucune des deux organisations n'est connue pour son engagement dans la
grève contre la loi d'autonomie des universités.
L'Unef, premier syndicat, est plus sévère: la ministre "a pris note de nos revendications, elle ne s'est engagée sur aucun des sujets", a regretté le responsable étudiant Bruno Julliard, après 45 minutes d'entretien.
Il a appelé à "amplifier la mobilisation" dans les assemblées générales et à voter la grève, estimant le mouvement en phase ascendante.
C'est plutôt un coup dur pour la ministre, qui s'est beaucoup montrée ces derniers jours.
L'Unef a rappelé ses réticences quant aux blocages des sites universitaires, jugeant qu'ils ne pouvaient se justifier que s'ils étaient "le fait d'une majorité". Une façon de se démarquer de cas de blocages qui ont persisté malgré des votes à bulletins secrets contraires.
La coordination nationale d'étudiants, qui n'est pas reçue par la ministre, est plus radicale que l'Unef et insiste sur l'abrogation de la loi, pourtant votée depuis cet été.
La ministre s'était montrée ferme,
jeudi, après avoir reçu les présidents d'universités, brandissant le risque que les grèves mettent en danger les examens, et prévenant que les cours perdus ne seraient pas rattrapés.
42 sites universitaires restent perturbés
jeudi, un chiffre en hausse.
Des universités ont été évacuées dans la nuit du 15 au 16 novembre : à
Nantes, à la
Sorbonne et à Strasbourg.