Juline, 18 ans, prépare des blocages en ville ce mercredi après-midi, pendant la manif qui doit partir des Tanneurs, à Tours, une des universités bloquées en France.
Les Tanneurs, sur le site de l'université de Tours
Université Tours
Lundi soir, les étudiants de
Tours (
Indre et Loire) ont décidé lundi soir de bloquer la
Faculté des Tanneurs, pour protester contre la loi sur l'autonomie des universités. Mardi après-midi, la décision a été reconduite, par 515 voix contre 212. Elle compte 7000 incrits en tout.
Juline Joly, 18 ans, est étudiante à Tours et militante du syndicat Unef.
"Là, mercredi en fin de matinée, on est une centaine d'étudiants dans l'
université. Peu de gens sont venus ce matin parce que la fac a été fermée par l'administration et les grilles sont baissées, donc il n'y a pas de barrage humain à l'entrée ou de tables."
"C'est motivant même si parfois c'est fatigant, voire un peu démoralisant. Quand on se fait traiter de fascistes ou d'anti-démocratiques... comme mardi matin, quand j'étais à l'entrée et qu'on annonçait aux étudiants le blocage voté la veille au soir. Il y en a toujours qui s'obstinent ou qui essayent d'escalader les barrages."
"Aujourd'hui, je me trouve dans le site principal des Tanneurs, mais les sites des TD - Fromont, Béranger et Anatole France, sont aussi bloqués, ainsi que le site de musicologie."
"Mais l'accès reste libre pour ceux qui préparent des concours : le Capes ou l'agreg'. On peut tous aller à la bibliothèque ou à la salle informatique, si on veut travailler."
"Là, la plupart des étudiants sont réunis dans le hall des amphithéâtres, pour discuter et préparer les banderoles pour la manifestation prévue cet après-midi. Elle a été décidée en AG mardi mais on a prévu les détails ce matin en commission 'action'".
"La manif part à 14 heures de la fac des Tanneurs, vers la place Anatole France, qu'on veut bloquer. Ensuite, on prend la rue Nationale vers la place Jean Jaurès et là, on installe un barrage filtrant : on laisse passer trois voitures... on bloque un moment... et ainsi de suite."
"On attend 1000 personnes, voire 2000, à la manif, qui a été annoncée mardi aux 600 personnes qui ont voté le blocage. On compte sur le bouche-à-oreille."
"Pendant le CPE, j'étais au lycée. Mais j'avais fait bloquer mon établissement ! Là, la différence, c'est l'ampleur : le site de l'université, c'est beaucoup plus grand..."
Facs bloquées, AG, manifs, le mouvement de
protestation étudiant se poursuit en France.