Quelque chose de la langue

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Par LouiseB
le 18/09/2007 à 21:19, vu - fois, - nombre de réactions
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Je ne sais ce que dit la langue (ce que disent leslangues), si ce n'est le désir d'échanger, de transmettre, et de donnersens à ce qui autrement ne serait sans doute que nébuleuses opaques,grisailles et formes indistinctes. Car quelle que soit la forme quepeut prendre une "langue", "maternelle" ou non, verbale ou non, si elleexiste et est reconnue comme telle, c'est précisément parce qu'elledonne corps à ce qui sinon serait peut-être tout aussi "réel", maisresterait dans l'inconnu, le non-dit, le non-explicité. Or,l'implicite, lorsqu'il existe, est bien là pour être compris, entendu,alors même qu'il n'est pas "dit"...Il est une part de ce qui fait lacomplexité et la richesse des échanges, de la "communication", part àlaquelle il est impossible d'échapper, quoiqu'on en dise...

 

Pas la seule, certes. Cette complexité provientaussi, entre autres, de la difficulté que nous éprouvons à nousaccorder sur le(s) sens d'un même mot, d'une même expression, d'unemême notion, difficulté qui parfois mine complètement le terrain deséchanges : allez parler de "démocratie" avec un antidémocrate, de"beau", de "bien", de "liberté" ou de "bon sens" avec quelqu'un dontvous ne partagez que peu de convictions, il est probable que laconversation se résume à la nécessité d'une explication de texte (àmoins qu'elle ne soit impossible pour cause de soudaine "surdité"), ouà un consensus béat, à proprement parler sidérant...

La tentation peut être grande, par conséquent, de ne"communiquer" que sur et avec certains mots, assez généraux, tellementgénéraux qu'ils peuvent en devenir complètement vides de sens. C'estpratique, cela donne l'impression de "bien parler", permet  de forgerdes consensus de surface auxquels il est si facile d'adhérer, et même,le cas échéant, de se poser en donneur de leçons ("Qu'est-ce que vousparlez mal !", plutôt que "Mais que voulez-vous dire ?") et deréaffirmer le pouvoir que le langage confère à celui qui sait le manierhabilement...au détriment de ce qu'il y aurait vraiment à dire...

 

Car parler avec des mots vides de sens, c'est aussiempêcher l'autre de donner du sens à ce qui est dit, l'empêcher decomprendre en brouillant les repères nécessaires. C'est mettre en avantun artifice, pour masquer le vide. C'est renvoyer l'interlocuteur à sespropres vides, aussi, en le maintenant dans une position narcissiquemortifère tout en lui tendant le miroir de Blanche-neige...Oui, vousêtes toujours le plus beau, la plus belle...puisque vous m'écoutez, etsurtout, me comprenez...

 

Les discours politiques sont bien sûr un lieuprivilégié (mais pas le seul) pour s'exercer à l'habileté rhétorique etutiliser ce pouvoir dans son propre intérêt, plutôt que pour le bienpublic. Mais les mots et les langues et les langages appartiennent bienà tous, y compris à ceux qui peinent à s'en servir ou qui ne"maîtrisent" pas une langue.
Or, si la langue est un pouvoir, ce pouvoir doit être partagé, quelle qu'en soit la difficulté.

A l'heure où il est question d'instaurer un test delangue pour pouvoir s'installer en France, où il est souvent questiondu niveau déplorable en français des élèves, où la "communication"(mais aussi ce qu'il en reste) va et tire plus vite que son ombre grâceà internet, où  les discours politiques se succèdent pour rendre"social" ce qui va se traduire par une augmentation du coût de la vieet de la santé et accroître les inégalités, je me dis qu'il est urgentde savoir ce que nous faisons de notre faculté de parler, de notreliberté de parole et de compréhension.

Parce qu'une langue, ça s'apprend.

Mais vous, comment comprenez-vous : "Ensemble, tout est possible ?"

LouiseB

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Lucette
Comme une belle entourloupe, si on donne du sens aux mots: possible= réalisable?, ou peut-être.? Quand a-t-on vu un consensus national, sans luttes? Faire est-il tout bon en soi? Faire quoi? La belle pirouette: "tout": cadeaux fiscaux? Fin de la solidarité des soins? Jugement des fous? Enfermement à vie? ADN pour l'étranger comme pour le criminel? Mais à ses frais. Suspicion pour tous, pour tout, sauf pour les peoples, les riches ou les victimes médiatiques.
Donc, "tout", on sait. Possible? jusqu'à ce qu'on arrive à arrêter le fou. Car on n'est pas "ensemble" avec lui.
J'attends les grains de sable, les cailloux, les pavés.
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